Cinéma – Une rencontre

Je ne sais pas si c’est l’âge ou simplement le ras-le-bol, mais ces histoires de passions amoureuses m’ennuient de plus en plus. Les rencontres de hasard qui fondent une nouvelle passion pour laquelle pendant un instant ou un moment on est prêt à tout lâcher, à tout saccager, à tout abandonner, parce que l’herbe a l’air si verte, si gaie, si accueillante de l’autre côté de la clôture. Alors on imagine tout ce qu’on pourrait vivre, on voit la passion, le rire, le sexe, les passions communes, on imagine que tout ce qu’on vu s’étioler dans la vraie vie, avec la  normalité de la vie de famille et des années qui passent va, avec la nouvelle passion, revenir et rendre la vie plus digne d’être vécue. Quelle blague! Les deuxième, troisième, quatrième, énième chances n’apportent que l’illusion du bonheur, car l’herbe finit par jaunir aussi de l’autre côté de la clôture, l’autre devient juste ce qu’il a toujours été et on est déçu, et malheureux.

Alors finalement, peut être que la seule bonne réponse à donner à ces échecs programmés c’est de ne jamais commencer une histoire afin de lui garder la sève du rêve, le goût doux-amer d’un "si" qui restera à jamais vert et beau. Et accepter de vivre avec les choix et les obligations, renoncer étant souvent la preuve qu’on est enfin adulte et responsable.

Le film de Lisa Azuelos a peu d’intérêt notamment parce que les mimiques d’amoureux transis de Sophie Marceau et de François Cluzet laissent très sceptique. On ne croit pas à cette histoire de passion au détour d’un éclat de rire gêné. Et au final, il ne reste que la dernière image, celle du  véritable courage.

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Musique du jour – Edgar Moreau

La valeur et le talent savent ne pas attendre les tempes grises… Quelle maîtrise…

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Cinéma – Apprenti Gigolo

Voilà ce qu’est l’humour, voilà ce qu’est une comédie, voilà ce qu’est un merveilleux moment de cinéma.

Oh traitez-moi de snob si cela vous chante, mais pour moi, il y a dans ce formidable film de John Turturro de la légèreté, de la finesse, de l’intelligence et une formidable dose d’humour qui permettent de traiter du sujet  de l’intégrisme religieux et du proxénétisme avec cet art qui fait la différence entre l’humour gras et potache et l’humour qui touche les cellules grises avant le ventre.

Un fleuriste à mi-temps et un libraire en dépot de bilan. Un homme raisonnablement séduisant et un vieux briscard, les deux avec de solides problèmes d’argent. Lors d’une conversation étrange avec son psy, le vieux briscard, interprété par le toujours merveilleux Woody Allen, découvre que les femmes riches ont des envies de chairs fraiches et de mains solides et baladeuses. Il découvre surtout que les talents humains de son fleuriste d’ami peuvent être monnayés non seulement par de riches bourgeoises tenaillées par l’ennui, mais également par des veuves juives intégristes.

On aurait pu rapidement tomber dans une succession de clichés sordides, le crime honteux de la comédie à la française, mais John Turturro donne à ses personnages une latitude qui leur permet la complexité même dans le cliché de la bourgeoise vamp. Le rôle qu’il offre à Vanessa Paradis est d’une belle intensité dramatique et offre un contrepoint aux pitreries de Woody Allen.

Du bon, très bon cinéma.

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Cinéma – Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu

Bon, soit je n’ai pas d’humour, soit je suis une indécrottable pessimiste, en mode intello coincée, soit ce film est un énième navet de la veine "humour à la française" qui est surtout un condensé de clichés merdiques et de bons sentiments insupportablement tartes. Personnellement, parce que je m’aime bien, j’aurais tendance à partir sur la troisième hypothèse (et un peu sur le première aussi), à regret car j’appréciais beaucoup Chantal Lauby. Malheureusement les naufrages de l’âge font qu’on passe d’une minette drôle et impertinente dans les années 80 à une vieille peau bien sous rapports trente ans plus tard.

Outre l’absence tragique de contenu, les acteurs sont d’une médiocrité à pleurer. Cela ne doit pas être si simple de jouer les nunuches idiotes amourachées comme une seule femme de "représentants de la diversité". Finalement la seule bonne phrase de ce film est la moquerie d’un copain cul-béni du couple papa/maman, "regarde c’est la famille Benetton". Malheureusement pour le metteur en scène, Philippe de Chauveron, dont la filmographie contient des trésors du cinéma national tels que La Famille Ducobu ou Les Seigneurs, Benetton n’est plus ni tendance, ni "hip" depuis le milieu des années 80.

Mais interpréter des "représentants" des minorités visibles machistes, crétins, beaufs ne doit guère être plus simple, car le naufrage des acteurs masculins de ce navet est digne du Titanic. Chantal Lauby nous vantait en promo un film drôle, "pas prise de tête", c’est un film bête, sans queue ni tête.

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Expo – Robert Mappelthorpe

294daa7ale site du Grand Palais

Peu spécialiste de photo, j’ai été enchantée par la première partie de l’exposition. Le travail sur les corps, sur les peaux. La photo devient alors le nouveau outil de mise en valeur du corps, comme les sculpteurs dans la période antique. Mappelthorpe parvient à donner une profondeur et une grâce infinie aux corps qu’il photographie.

Vient ensuite la galerie de portraits de célébrités. où l’on retrouve le tout New York des années 70 et 80. Pas grand chose à en dire, c’est réussi, mais personnellement je n’ai pas été particulièrement touchée.

Enfin la dernière partie pour le queer qui m’a laissée pour le moins sceptique. Peut-être parce que tout cela n’a plus aucune dimension scandaleuse, cet étalage de sexe mâle plus ou moins turgescent photographié dans des flutes à champagne ou entre les plis de tenues de cuir plus ou moins sado-masochistes est juste grotesque. Le temps est parfois terrible pour certains travaux photographiques. Quand on travaille sur la beauté on est universel et éternel, quand on travaille sur le politique on finit par être dépassé et hors jeu.

Une expo en demi-teinte donc. Il reste l’expo au musée Rodin qui doit elle, être particulièrement intéressante puisqu’il s’agit du travail sur les corps.

Le site du photographe

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Murielle Gaude-Ferragu – La Reine au Moyen-Âge, le pouvoir au féminin au XIV-XVè siècle – Tallandier

9791021002654Un essai très intéressant de l’historienne et spécialiste du pouvoir et de ses représentations Murielle Gaude-Ferragu dans lequel elle rend enfin une place historique et plus seulement romanesque aux reines de la fin du Moyen-Âge. En trois parties bien étayées, elle aborde tous les moments de la vie d’un Reine et montre que l’évolution n’est pas linéaire, mais dépend bien sûr de la personnalité du Roi, premier prince de l’état très chrétien, de la personnalité de la femme qui voit son destin uni à celui du prince, futur ou déjà Roi et aux circonstances particulièrement traversées en ces temps de guerre étrangère et intérieure. Le royaume de France n’est pas encore l’Etat centralisé et soumis au pouvoir royal qui fera les beaux jours des Bourbons, mais on voit depuis plusieurs décennies déjà, se mettre en place une unité du royaume et une volonté de voir le Primus inter Pares prendre définitivement le pas sur les princes très avides de terres et de pouvoir. C’est dans cet environnement traversé que l’historienne analyse le destin des reines qui ont plus ou moins marquées leurs temps.

Tout commence comme un mauvais conte de sorcière. Philippe IV le Bel qui vient de perdre son épouse et reine très appréciée par ses sujets, Jeanne de Navarre, se trouve confronté à un formidable scandale, qui ferait pâlir d’envie les paparazzi hollywoodiens. Les trois belles-filles du roi, dont l’une n’est autre que la future reine de France sont convaincues d’adultère. Maurice Druon a largement décrit ce coup de tonnerre dans le ciel au lys d’or ainsi que les conséquences qui en découlèrent, notamment la reprise de la guerre avec le voisin anglais. Sur un plan juridique, puisque ce crime met en péril la transmission du royaume par voie masculine, les juristes du roi et de ses successeurs vont se démener pour éviter que le royaume ne tombe en quenouille et qu’une Reine ne puisse être appelée à régner. Une vieille loi franque, la loi salique sera exhumée des poussières de l’Histoire pour faire du Royaume Très Chrétien une royauté purement masculine.

Pour les reines, le message est très clair, elles sont les porteuses de la dynastie, sont des pacificatrices en cas de conflit, doivent par leur sagesse et leur affection soutenir en toutes circonstances leur époux royal, être des protectrices des humbles et du peuple et représenter sur terre la sagesse mariale, mais jamais elles ne seront les maîtresses du royaume. Même en cas de maladie ou d’empêchement du roi, elles ne seront pas seules à gérer le royaume et devront s’appuyer sur un conseil nommé par le roi. Ainsi l’exemple de la Reine Isabeau, épouse de Charles VI, atteint depuis 1393 de crises de folie, passera d’une influence à une autre, sans être jamais totalement indépendante dans ses choix.

Cependant si la Reine de cette fin de Moyen-Âge ne bénéficie pas de l’autorité royale, son rôle est suffisamment marquant pour que des juristes et des "philosophes" se penchent avec constance sur leur rôle. Les miroirs aux princesses et aux reines à pour but premier de mettre en avant les nécessaires qualités morales d’une Reine, on définit également les rôles juridiques avec une mise à plat du rôle de la régente pendant la minorité d’un futur roi et on associe l’épouse dans l’éternité de la mort, dans de magnifiques gisants conservés dans la cathédrale de Saint Denis.

Au final, un portrait contrasté de cette Reine médiévale qui est comme toutes les femmes du temps sont mineures et soumises au pouvoir temporel et spirituel, mais qui dans leur rôle de mère et d’intercesseur prennent une place qui sera de plus en plus prégnante avec la Renaissance et la période contemporaine. De la bel ouvrage d’historienne.

Sur le site de l’éditeur

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Grand Noir…

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