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Fernand Pelez – Sans Asile 1883

La quinzième année…

Phèdre
Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
Sous les lois de l’hymen2 je m’étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps, et transir3 et brûler.
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D’un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,
J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer.
J’offrais tout à ce dieu, que je n’osais nommer.
Je l’évitais partout. Ô comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.
Contre moi-même enfin j’osai me révolter :
J’excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,
J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.
Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;
Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,
De son fatal hymen je cultivais les fruits.
Vaines précautions ! Cruelle destinée !
Par mon époux lui-même à Trézène amenée,
J’ai revu l’Ennemi que j’avais éloigné :
Ma blessure trop vive aussitôt a saigné.
Ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée :
C’est Vénus toute4 entière à sa proie attachée.

(Phèdre – acte 1 scène 3 – 1677) – Jean Racine

On reproche souvent aux conseilleurs ou aux « droits de l’hommiste » d’être en permanence dans le discours et  rarement dans l’action. Reproche qu’on fait également aux artistes engagés ou aux philosophes. Et reconnaissons le, le reproche s’avère souvent fondé. On reproche également aux sociologues ou aux ethnologues d’être trop peu enclins à croire à la supériorité consacrée de l’occident et de ses innombrables valeurs humanistes et de donner aux primitifs une égalité humaine assez peu compatible avec nos schémas mentaux si bien-disant. Et pourtant, c’est souvent auprès de ces spécialistes de l’humanité, ces hommes et femmes partis à la rencontre de cet illustre inconnu, cet autre, si loin, si proche, que se découvrent les plus grands moralistes. Pendant la seconde guerre mondiale, l’un des premiers mouvements de résistance est né du refus de quelques hommes et femmes de voir tant leur patrie que leur croyance en l’humanité se briser sous la botte nazie et collaborationniste. Parmi ces hommes et femmes, une figure émerge, celle de Germaine Tillon. Un petit bout de femme, qui des Aurès à Paris, en passant par Ravensbrück, offre une leçon d’humanité qui dans ces temps mal famés d’identité nationaliste, est d’une cruciale actualité.

Dans ce livre, Tzvetan Todorov rassemble trois moments de la vie de l’ethnologue : sa découverte et son apprentissage auprès des Chaouias, une tribu berbère des Aurès, son retour en France en 1940 et son entrée immédiate en résistance par le biais du réseau du Musée de l’homme, et enfin son combat sans fin contre la torture en Algérie. Entre 1934 et 1957, cette femme va construire une des personnalités les plus attachantes, les plus fines, les plus remarquables que le monde intellectuel français ait jamais eue. Dans une période où il est de bon ton d’être réservé, de suivre le vent et de s’attacher à ne surtout  pas avoir d’opinion ou au contraire d’avoir une opinion ferme et définitive contre la réalité même, Germaine Tillon montre que la recherche de la vérité, la valeur de la vérité surpasse tout, y compris contre ses propres amis. En grande moraliste, elle ne juge pas les êtres, mais analyse les situations, comprend le rôle du hasard, valorise l’action au sein du groupe, pour protéger les plus faibles.

Toujours difficile de savoir ce que ces dispositions, reconnaissons-le, assez exceptionnelles doivent à la génétique, à l’éducation, aux circonstances. Ce qui est fascinant avec Germaine Tillon c’est que ces qualités semblent totalement naturelles, parfaitement normales : il est normal de reconnaitre l’humanité de l’autre, il est normal de parler des individus et de leurs qualités ou défauts au sein d’un groupe et non de généraliser qualités et surtout défauts au groupe entier. Il est normal de ne pas accepter l’humiliation d’un armistice honteux, ni les lois scélérates simplement parce qu’elles sont mensongères. Il est normal de se battre du jour au lendemain, de mettre sa vie en danger pour que la vérité soit rétablie. Il semble également normal au cœur du système concentrationnaire de comprendre et de valoriser l’entraide et les réseaux même dans le néant. Il est également normal de dénoncer tous les systèmes concentrationnaires car aucune idée, si belle soit-elle, ne survit dans la souffrance des faibles. Il est normal d’affronter ces propres amis et l’opinion pour dénoncer les procès injustes et les crimes imaginaires. Enfin il est normal de ne pas réduire un combat à sa caricature et de ne pas accepter d’un pays même très aimé qu’il se comporte mal, qu’il pratique la torture contre les innocents et brutalisent les civils. Tout semble parfaitement normal dans la vie de Germaine Tillon. Comme si le fait d’être une personnalité exceptionnelle pouvait finalement être le fait de chacun d’entre nous.

Une ethnologue, une résistance, une femme, une moraliste, Germaine Tillon est tout cela. Elle est également un exemple, une flamme ardente dont la vie et l’œuvre sont autant de petits cailloux vers une autre idée de l’humanité.

…over the rainbow…

Lu dans le magazine l’Histoire, qui consacre un numéro spécial aux pauvres _sujet certainement plus actuel que l’identité nationale_ une critique assez virulente du livre de Yannick Haenel, Jan Karski, par l’historienne et directrice de recherches au CNRS, Annette Wieviorka, très connue pour son travail pionnier sur la mémoire de la Shoah. Dans ce texte, l’historienne reproche surtout à l’auteur de s’être autorisé à incarner un personnage historique et à lui faire dire des choses qui au regard des sources peu nombreuses mais existantes, semblent beaucoup plus proche de la pensée d’Haenel que de celle de Karski.

Ce reproche, très étayé, semble pourtant un procès d’intention. En effet, Annette Wieviorka semble vouloir oublier que Haenel ne s’inscrit à aucun moment dans la discipline et l’exigence de l’historien. C’est un écrivain qui s’empare d’un personnage romanesque et qui le promène dans une histoire particulière. Cette histoire rencontre ici ou là l’Histoire, mais sans jamais tendre vers une quelconque vérité. Ce reproche d’ailleurs ne touche qu’assez les romanciers dès lors qu’ils restent à distance respectueuse de cette période tragique. Comme si à la suite d’Adorno, les historiens estimaient que la Shoah ne pouvait faire l’objet de la moindre atteinte romanesque. Au cinéma, Claude Lanzmann s’est fait un devoir de vouloir interdire toute possibilité de montrer la Shoah par le biais d’une œuvre de fiction.

On peut comprendre la crainte des historiens car la Shoah est un moment particulièrement sombre de notre histoire humaine. Mais, la fiction n’a jamais affaibli, ni porté ombrage à l’Histoire. Alexandre Dumas a probablement mieux que quiconque montré que l’Histoire pouvait cohabiter à merveille avec le roman. Personne n’irait imaginer une reine de France sortant dans les rues d’un Paris de débauche et de meurtre pour aller chercher un amant. Personne n’imagine qu’une autre fut presque détruite pour quelques diamants. Ou encore que Cagliostro a influé sur la destinée tragique du couple royal Marie Antoinette, Louis XVI. Mais combien d’historiens sont entrés en Histoire par passion romanesque ?

Certes le romanesque dans la Shoah semble assez compliqué à imaginer. Mais au cœur de ces ténèbres, des hommes et des femmes ont su forger une destinée exceptionnelle et donc il est normal que des écrivains veuillent faire revivre ces personnages. Leur donner une nouvelle dimension. Karski n’était peut être pas aussi caricaturalement nationaliste que semble le montrer Haenel, ni aussi violemment critique envers les Etats Unis et l’Angleterre, mais il ne s’agit que d’une fiction. Et la fiction aime mêler le réel et l’imaginaire. La Saint Barthélémy a bien eu lieu, mais peut être pas tout à fait comme Dumas l’écrit.

Est-ce que la construction du livre peut vraiment porter à confusion comme le suggère l’historienne ? Le livre compte trois parties : la première qui reprend les témoignages de Karski dans le film de Claude Lanzmann, Shoah ; la seconde qui résume le livre-témoignage de Karski, Mon témoignage devant le Monde ; et enfin une dernière partie qui est un monologue ou Karski « se souvient » de sa mission. Honnêtement c’est faire injure aux lecteurs que de leur dénier la capacité de comprendre le terme « roman » bien en vue sur la couverture et également prêter à l’auteur, une duplicité sans doute fort loin de sa volonté d’écrivain. Qu’Haenel soit persuadé que les alliés n’ont pas tout fait pour sauver les juifs et qu’il le fasse dire à son personnage, cela ne fait guère de doute. Mais Karski dans cette troisième partie n’est pas l’homme historique, il n’est qu’un personnage. On dira que la différence est subtile. Oui mais c’est cela qui fait un grand roman historique.

Pour saluer dignement la nouvelle preuve que notre bon B sixteen n’a pas tout renié du “grand” passé du IIIè Reich, quelques petites phrases prises dans les Fragments de Vie de Germaine Tillon:

Quoi! dans toute l’Allemagne, dans toute l’Europe, dans l’univers, au-delà de l’univers, personne pour entendre cet appel: les  Croix-Rouge, les bonnes oeuvres, les dames bien-pensantes, les neutres, les évêques, le pape – bon seulement à morigéner les vaincus. Et dieu lui-même?

C’était pourtant lorsque le crime était tout-puissant, et à l’apogée de sa méchanceté, qu’il fallait se mettre en travers de sa route…Mais quand il est vaincu, broyé, piétiné, qu’il ne peut plus faire de mal et qu’il est presque innocenté par sa souffrance, c’est à ce moment là qu’il a des ennemis, le crime; c’est à ce moment-là qu’ils sont nombreux, les justes…Quand il était tout puissant, les coalitions ne se sont pas ameutées, les justices ne se sont pas énervées, et les seuls qui ont tenté de lui barrer sa route, ce sont ces misérables larves que personne au monde n’a secourues…(Germain Tillon – Fragments de Vie; Après les camps, p.246-7)

… Le second problème, qui est celui de la morale me semble beaucoup plus simple que le précédent et catégorique: on doit réagir contre des habitudes criminelles, et on doit réagir énergiquement.

J’ai beaucoup pensé, Eminence [Cardinal Feltin], à la question que vous m’avez posée, et qui est celle-ci:”où commence la torture?”  (…) A cette question, il me semble qu’on peut répondre que la seule excuse de laviolence pour un chrétien, c’est la légitime défense: un soldat qui tue dans un combat n’est pas coupablen car il défend sa vie; dès que cesse la légitime défense, toute violence est coupablen mais il y a des degrés dans la culpabilité.

(…) l’usage d’achever les blessés est courant. Or, là il y a crime que rien n’excuse ni ne justifie.

L’usage d’exécuter les prisonniers est également très répandu. Lorsqu’on garde des prisonniers, c’est pour les faire parler et ils sont voués à la torture. (…)  A quels ordres obéissent les officiers lorsqu’ils agissent ainsi? A une habitude, à une routine. Cette habitude et cette routine sont criminelles. Le fait que d’autres officiers puissent se comporter différemment prouve qu’il n’y a pas d’aboligation à acomplir des crimes.

(..)Sur tous ces supplices, Eminence, il n’y a vraiment pas d’équivoque pour une conscience, même peu alertée, et la fameuse qu’invoquent les tortionnaires: en torturant un homme, vous pouvez en sauver cinquante s’il avoue l’emplacement des bombes dont il dispose – se révèle être un faux argument, car au nom de cet argument on a torturé (quelquefois à mort) des personnes innocentes, pour un coupable problématique et qui n’avoue pas nécessairement. (extraits d’une lettre au Cardinal Feltin, 7 décembre 1957)

J’ai et j’aurai toujours infiniment plus de respect pour ces hommes et femmes qui malgré les drames et les preuves de la folie humaine, garde une idée suffisamment haute de l’homme pour refuser de s’abaisser au niveau des bourreaux. Nul ne devrait pouvoir s’exonérer de ses crimes au nom de son ignorance, des ordres reçus ou du sempiternel “je n’avais pas le choix”. A tous ceux qui ont trouvé de l’humanité dans le livre de Mauvignier, je leur suggère la lecture urgente de “Fragments de vie” de Germaine Tillon (rassemblés par Tzvetan Todorov). Ce livre contient toutes les raisons pour lesquelles ce récit me dégoûte.

Joan Didion raconte l’Amérique comme assez peu d’écrivain contemporain, avec grâce, précision, humour et distance. Un regard qui oscille entre journalisme, et ethnologue, entre romancière et citoyenne. Chroniqueuse de l’Amérique heureuse des années 60, puis de l’Amérique entre hédonisme et existentialisme des années 70, la dame sait saisir ces petits instants, ces détails qui construisent la vie.

En 2003, le 30 décembre, elle perd brusquement son compagnon de quarante ans. Son époux, écrivain et journaliste comme elle, meurt d’une crise cardiaque dans leur appartement newyorkais. Ils revenaient d’une visite à l’hôpital où leur fille était admise pour une mauvaise pneumonie. Le 4 octobre 2004, Joan Didion va commencer la rédaction du récit de ce drame, des premiers mois de son deuil et de son combat auprès de sa fille hospitalisée pendant de longs mois.

Il y a mille manière de dire un deuil, de raconter la perte, la détresse, la solitude, la souffrance. Souvent le pathos prend le pas sur tout le reste et le récit devient illisible. Il y a ceux  désincarnent leur souffrance et le récit devient factuel. Et il y a Joan Didion. Forte de sa longue carrière de chroniqueuse, de son regard travaillé sur le monde, elle parvient non seulement à dire la violence, la folie, la crainte, l’épuisement, l’incompréhension, la colère, l’attention pathologique à des détails stupides.

« La vie change dans l’instant », et le monde s’écroule tout en restant incroyablement ordinaire. L’instant ordinaire, celui, où le monde qu’on connaissait se brise comme un miroir, en multiples éclats qui reflètent à l’infini les morceaux de la mémoire de la vie d’avant. La vie ordinaire, celle des habitudes, des certitudes, des regards échangés au dessus d’un livre, des petits papiers, des carnets, des pages, des chapitres entiers. La vie ordinaire des listes, des petites phrases qui disent le bonheur du quotidien et de l’amour vécu. La vie ordinaire autour d’un enfant malade, l’inquiétude ordinaire, l’affection, le soutien qui permet de lutter contre son angoisse. Et puis en un instant, cet ordinaire se fracasse.

Joan Didion va analyser son deuil, ses réactions, l’évolution de son regard. On peut imaginer que l’expérience est tellement intime, qu’elle ne peut être partagée avec autrui. C’est faux. Perdre l’être aimé, celui qui vous a accompagné pendant de si longues années, qui a évolué à vos côtés, est une expérience universelle. Les réactions peuvent légèrement différer, mais à un moment, cette expérience est commune que ce soit dans le sentiment d’abandon, dans la colère, dans l’incompréhension, dans l’attente d’un regard, d’un geste, de la chaleur, d’un sourire, d’une odeur, tout ce qui a brutalement et irréversiblement disparu.

Ce récit autobiographique est d’une grande pudeur tout en étant d’une précision chirurgicale. J’ai retrouvé à certains égards le récit de David Rieff, Mort d’une Inconsolée, notamment dans la volonté de Joan Didion de comprendre le mécanisme de la mort de son mari : quand, à quel moment précis est-il mort ? Question absurde si on considère que l’issue est de toute façon la perte. Et en même temps, ne pas savoir ouvre la porte à ce terrible cauchemar : a-t-il souffert ? S’est-il senti seul au moment où son corps a définitivement abandonné la partie ? A-t-il eu peur ?

L’année de la pensée magique est un témoignage bouleversant sur le deuil et la poursuite inéluctable d’une aventure ordinaire, tristement ordinaire.

Je n’arrive décidément pas à trouver ma place de lectrice dans l’œuvre du prix Nobel de littérature, Herta Müller. Je reconnais volontiers sa maîtrise et son style, la beauté factuelle des descriptions, la sculpture toute en finesse des personnages et la précisions chirurgicales des situations, mais je ne peux me débarrasser d’une sensation d’ennui très tenace. En lisant, La Convocation, je n’ai cessé de penser à tous les auteurs qui, pour moi, font mieux dans toutes les questions abordées. Elfriede Jelinek bien sûr, Toni Morrison ou Joyce Carol Oates. Ces trois auteures sont présentes à chaque page, et j’imagine comment elles auraient pu donner un corps à cette écriture désincarnée. Pourtant tout y est : description très sûre de la dictature, de l’arbitraire, du double drame vécu par les femmes, de la fureur des faibles et des hommes, de leur faiblesse aussi. Mais tout cela ne me touche pas, pour éviter de dire que cela m’ennuie franchement. Le destin tragique de Lilly, les craintes et le désespoir de la narratrice, son regard sans concession sur les humiliations qu’elles doit subir de la part de son supérieur hiérarchique ou du représentant de la Securitate qui l’interroge, sa peine devant l’alcoolisme de son mari ou la description d’une vie de famille marquée par toutes les petites vilénies des vies marquées par l’arbitraire, tout est remarquablement décrit. La langue est belle, à la fois précise et poétique, mais qu’on est loin de la puissance d’une Jelinek ou d’un Oates. Finalement la même impression qu’avec Le Renard était déjà le chasseur, d’un côté contemplatif qui provoque une trop grande distanciation et installe en quelque sorte l’ennui et le désintérêt face à ces personnages et à ces histoires. Je referme donc La Convocation en étant certaine cette fois de ne plus me laisser tenter par cette auteure. Les sujets qu’elle traite me fascinent, mais le traitement lui ne m’inspire vraiment pas.

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