Comment peut-on survivre lorsqu’on est aborigène en Australie, soumis depuis plusieurs siècles à la pression de
l’homme blanc et aux terribles dégats de l’alcool au sein de populations paupérisées et humiliées ? Par la littérature. La littérature qui prouve une fois de plus qu’elle est la première de toutes les sciences humaines, la seule qui dure, la seule à être capable de toutes les infinies nuances de l’histoire humaine. Loin des leçons de philosophie, d’histoire ou de sociologie, la littérature donne à voir le passé, le présent, les blancs, les aborigènes, les zones grises entre le bien et le mal. La vie tout simplement. Avec Carpentarie, roman en partie autobiographique, Alexis Wright, activiste des droits des aborigènes, a imposé la figure de l’écrivain aborigène au sein de la société australienne et participé à l’évolution du regard des blancs sur les aborigènes, des aborigènes sur les blancs et des aborigènes sur eux-mêmes. Comme les auteurs amérindiens, les auteurs aborigènes ne sont pas dans la plainte ou la malédiction mais dans la vie, complexe, ardue, redoutable. Une littérature vibrante et passionnante dont Carpentarie est une nouvelle pépite.
Le roman s’ouvre sur un combat titanesque entre deux « familles » d’aborigènes, qui s’affrontent autour d’une décharge revendiquée par la reine Angel Day, qui chaque jour s’empare des nouveaux « trésors » rejetés par la civilisation blanche. Ce combat provoque rapidement le malaise de la communauté blanche de la petite ville de Desperance, mirage portuaire, devenu ville fantôme. Et pour faire écho à cette violence intra communautaire (c’est moche cette expression !), la nature se déchaine sous la forme d’une belle tornade venue de la mer et délicatement prénommée Leda, la femme cygne. A partir de cette ouverture tonitruante, Alexis Wright déploie la symphonie d’une humanité enfermée sur elle-même. Entre les blancs et les aborigènes les liens sont impossibles à tisser : trop de mépris, trop de souffrance, de gêne, de crainte, trop d’Histoire. Entre les aborigènes les liens se dissolvent dans les vapeurs d’alcool. Carpentarie, golfe magnifique du nord de l’Australie, enfer sur terre pour deux populations arc boutées sur leurs fantasmes.
Alexis Wright livre avec ce roman, unanimement salué par la critique et par les libraires, et récompensé du prestigieux prix Miles Franklin Literary Award (qui salue ici pour la première fois un auteur aborigène), une ode à un peuple qui hésite encore entre la voie du martyre et celle de l’autodestruction. Un poème en prose pour retisser les liens avec les dieux anciens, la terre, le ciel et les hommes. Une démonstration sans faille sur la possibilité d’une rencontre possible. Sans pathos et sans haine, elle décode ce que l’homme blanc a mis en place pour détruire ceux qu’il ne voyait que comme des survivances de la sauvagerie et de la barbarie, une histoire bien commune partout où le fils de Prométhée et des Lumières est allé porter le flambeau de ses propres terreurs.

forme s’essaie à la forme fantastique qui explose en France comme en Angleterre tout au long du XIXè siècle.
chien, puis le même imbécile à redécouvrir l’existence de sa bourgeoise à l’occasion de la nécessaire procréation. Et le drame qui suivit.
religieusement les avis autorisés des uns et des autres et vous décidez finalement de lire le premier qui vous tombera sous la main. Et bien, on dira simplement que la main n’a pas été très heureuse. Je serais bien en peine d’émettre une opinion sur la valeur inestimable de l’œuvre de cette allemande élevée au sein de la minorité allemande de Roumanie, mais Le Renard était déjà le chasseur ne me laissera pas un souvenir impérissable.