Invitée dans l’émission de Kathleen Evin, L’humeur vagabonde, Ingrid Astier présentait son livre avec beaucoup d’art et son riche entretien avec la journaliste semblait une belle promesse de lecture. Malheureusement la promesse s’est
avérée trompeuse et la lecture une énorme et ennuyeuse déception. Ingrid Astier met en scène les flics du 36 Quai des orfèvres, le milieu perverti de la mode et de la photo et la Seine. La Seine, la nuit, un fleuve idéalisé que l’on ne doit pas salir. Malheureusement la forme vient parasiter le fond et accentue l’artificialité du récit. Tout est propre et net, tout est maîtrisé, mais le récit est également totalement stérile, exactement comme tous ces livres directement nés des écoles d’écriture américaine qui transforme l’écriture en livre de recettes. Astier fait du Dan Brown et la copie comme l’original n’ont aucun intérêt.
Alors très important dans la catégorie « recette du polar qui marche à tous les coups », le choix de la saison. L’hiver. Il fait froid, les nuits sont longues, les gens ne sortent plus et on peut donc tuer à l’aise. Ensuite le choix de la victime. Oubliez la grosse vache à vergeture et à couperose, il faut de la gonze, mais de la gonze de concours. Mannequin, anorexique, superbe of course et emballée dans des vêtements blancs (pour l’opposition noirceur de l’hiver, laideur du crime et pureté de la beauté). Les flics maintenant, pas des gros beaufs, version faits divers du 20h, non, il faut du flic avec bonne cervelle, cultivé, un truc entre Navarro et les flics des séries françaises, ces pâles copies de leurs grandes sœurs américaines. Il faut une jolie proc à longue jambe et une légiste à la fois bourrue mais brillante qui te remet en place le couillon de flic mais reste humaine.
L’histoire of course est horrible, avec du sang, des vicères, des coupables évidents et torturés et d’un seul coup, (vous entendrez la musique vous aussi), LE retournement de situation. Non, mais est-ce possible ? Mais comment peut-on être aussi abominable ! C’est horrible. Oui, les hommes sont des loups pour les hommes. Ingrid Astier connait toutes les ficelles, n’hésite pas à abuser des signes et des loooooooooooooongues digressions sur la Seine, sa pureté, ses populations interlopes mais sympa et les quartiers de Paris, tous plus typiques les uns que les autres. Une sorte de Guide du Routard pour amateur de polar. Ajoutez à cela quelques pincées de musique pop, de l’art un peu bizarre, des personnages caricaturaux et vous avez tous les ingrédients. Mais malheureusement ce n’est pas parce que vous avez tous les éléments sous la main et les bons outils que vous êtes capables de faire une sauce de qualité.
Le livre est parfait. Des chapitres de trois pages pour commencer histoire de donner le rythme haletant du récit et de présenter la galerie de personnages, sans que le lecteur risque de se mélanger les crayons et se fatiguent les méninges. On passe de l’un à l’autre pour que l’auteur n’oublie pas trop vite les protagonistes de cette histoire de meurtres bien sanglants. Pas le temps de s’attarder vraiment sur la psychologie des personnages, ni d’avoir un regard autre que très convenu sur le milieu de la mode et de la volaille. Les mannequins sont blancs de coke, les artistes sont des pervers. Les flics sont soit des solitaires avec grosses couilles quand même, ou bon père de famille ou amateur de pute. Ils ont le cœur gros, comme ça et sont super efficace. Ce livre, c’est un concentré de CSI, mais en français. Malheureusement à l’écrit c’est prodigieusement ennuyeux.
Pour celle du roman je ne sais pas mais terrible la chute du billet ! dommage un polar français et par une femme …
Entièrement d’accord. J’ai sauté la plupart des digressions. 80% de tartines indigeste et sans rapport avec les 20% de l’intrigue.
Nul et pénible
Acheté en poche hier et rendu ce jour à ma librairie. Après 30 pages, c’en était déjà trop… il m’est tombé des mains.
Faudra que la p’tite dame apprenne à écrire de vrais polars !