Catherine Clément – Le voyage de Theo, le sang du monde – Seuil

Un livre étrange à lire au moment où le Pakistan est sous les eaux et la boue, la Russie sous la cendre et où les glaciers du pôle nord se transforment en glaçons pour gigantesque soupe bleue. Un roman dont on attend beaucoup, tant  l’auteure, la philosophe et romancière, Catherine Clément semble une femme brillante, délicieusement érudite et humaine. Cette suite au aventures d’un petit garçon parti avec une tante un peu originale, à la recherche de l’équilibre intérieur, est pourtant un ratage total. Je n’ai pas lu le premier opus des aventures du jeune Théo, donc je ne peux guère comparer, mais dans cet opus Théo et sa tante Marthe sont de véritables caricatures, le premier de l’écolo tel que le dépeigne les libéraux hystériques, la seconde, l’humaniste telle que peuvent la peindre les écolos hystériques : la nature contre l’homme, les animaux contre les enfants, la pérennité de la biosphère contre la survie à tout prix de l’espèce humaine. Entre les deux, des personnages secondaires chargés de faire le lien et des situations pour le moins caricatural à Bénarès, sur les bords d’une mer intérieure, au milieu d’une tribu au Cameroun et enfin au cœur du système nucléaire.

Si le message de Catherine Clément est écolo et humaniste sont condamnés à s’entendre, il souffre d’une mièvrerie et d’un traitement totalement binaire, sans nuance et finalement sans intérêt. A trop ménager la chèvre et le chou, on obtient un brouet tiédasse où les protagonistes sont aussi cons les uns que les autres, aussi ignorants et manipulateurs, enchainant les poncifs et les contre-vérités manifestes. Oui l’homme n’est pas gentil avec son environnement, mais le progrès ne va pas sans sacrifice. L’homme ne peut se concevoir hors, au dessus des autres espèces, sous peine de commettre crimes après crimes, contre sa propre espèce s’il le faut. Oui mais non les choses ne sont pas si simples. Vaches contre enfants, cochons contre juifs, nucléaire contre CO², ce roman est un catalogue des  « 3 Cuisses » des arguments hystériques et totalement datés des deux camps, car ce livre, écrit en 2004, semble une vieillerie totalement anachronique.  Une énorme déception.

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