J’ai beaucoup aimé les deux premiers numéros de cette revue. Le format est intéressant et les sujets semblent un peu décalés. Avec ce troisième opus la déception est de taille. Les sujets pourtant intéressants sont traités
superficiellement et sont tiédasses ; les interviews sont sans intérêt, à moins que ce ne soit les interviewés, en tous cas pour deux d’entre eux. Restent les reportages photos et la nouvelle qui sauvent ce numéro. Espérons que le prochain opus soit plus probant. Le souci majeur quand on veut se démarquer c’est le traitement des sujets. Parce qu’honnêtement le genre, la drogue, la décroissance, internet et le tourisme ne sont pas de sujets particulièrement novateurs. Je lisais l’article sur le genre en écoutant sur FC une émission sur les nouvelles formes de parentalité. Et bien il y avait plus de nouveautés et de prise de risque intellectuelle dans l’émission que dans cet article convenu, mi chèvre, mi-chou et sans parti-pris réel. Le Point ou le Monde 2 aurait fait la même chose. Et c’est globalement ce qu’on peut dire de tous les articles de ce numéro : internet franchement on a lu ça dix fois quant aux drogues, en dehors d’un petit précis sur les types de stupéfiants, ça ne casse pas non plus des briques. Même le papier sur la torture qui est pourtant un sujet sur lequel on peut vraiment trouver des axes passionnants et prendre fait et cause est juste tiède et sans profondeur. Mais ce qui m’a vraiment gênée, ce sont les interviews. Rael, c’est peut être drôle cinq minutes, mais honnêtement faut il vraiment donner la parole à ce genre d’abruti pour se la jouer cool à la veille de la énième naissance, dans une étable avec un âne et une vache, du seul juif blond aux yeux bleus, issue d’une vierge et d’un père qui n’est pas son père…on comprend pourquoi Freud a fini par inventer la psychanalyse ? Mais le plus affligeant c’est tout de même Tapiro qui en gros nous explique que Sarko est un mec formidable mais que du fait de l’absence du père, il a pas compris la fonction présidentielle ! Ben tiens. Ajoutez à cela une petite leçon sur la médiocratie, dont il est pourtant un assez remarquable représentant et vous avez trois pages de propos imbuvables, sans intérêt, prétentieux. Quand les publicitaires se piquent de politique on atteint vraiment le degré zéro de la réflexion sur l’état de la cité. Pas le meilleur numéro d’Usbek et Rica, mais il reste un magnifique reportage photo sur Camden, une des villes les plus violentes des Etats Unis et une jolie nouvelle d’anticipation. J’attends maintenant le prochain numéro…