Savez-vous ce qu’est un « bistanclaque » ? C’est le nom donné par les canuts à leur métier à tisser, le coeur de l’industrie lyonnaise. Un nom né du bruit que fait la navette sur le métier à tisser. Une manière de ne pas oublier que
la langue n’est pas une chose éthérée, enfermée à double tour dans de lourds ouvrages savants, mais bien cette belle fille rebelle qui sait écouter et s’émerveiller des bruits du monde. Odile Bouhier, scénariste de télévision, nous propose un agréable polar qui joue pleinement la carte historique au cœur de la capitale des Gaules. Une enquête rondement mené qui met en scène l’industrie d’une ville, une toute jeune discipline policière adossée sur les découvertes scientifiques les plus pointues, au sortir d’une première guerre aussi mondiale que barbare.
Dans deux quartiers de la ville de Lyon on découvre les cadavres de deux vieilles femmes, violées et martyrisées. Le procureur promet une résolution éclaire. D’autant plus éclaire que les toutes récentes brigades du Tigre sont désormais l’âme de cette nouvelle police française. Mais les « mobilards » se trouvent dépourvus face à la barbarie de ces deux crimes. On fait alors appel à une nouvelle branche auquel l’avenir promet déjà un bel avenir : la police scientifique sous les ordres de l’inspecteur Kolvair, revenu de la boucherie européenne avec une jambe en moins, mais pas mal de finesse en plus. A ses côtés un étrange professeur fondamentalement adepte des sports de plein air, Hugo Salacan et d’une des premières femmes psychopathologiste, Bianca Serraggio, adepte des lapsus autant que des nouvelles théories d’un docteur viennois du nom de Freud.
Autour de ces trois pieds-nickelés de la police moderne, on retrouve des personnages plus traditionnels dans les instances policières avec le procureur aussi prétentieux qu’aveugle, le flic vicelard, d’autant plus adepte de la manière forte qu’il cache quelques vices derrière sa gueule cassée, un légiste gai mais pas très fier de l’être et des journaleux prêts à tout pour un scoop.
Odile Bouhier parvient avec beaucoup d’éloquence à évoquer cette ancienne capitale d’Empire, façonnée par une histoire longue et traversée, et qui sut à merveille utiliser ses ressources techniques pour se tirer à très bon compte de la gabegie de la guerre. Ses ateliers sont pour un temps encore le fleuron de l’industrie et elle accueille une bourgeoisie forte et parfois raisonnablement frondeuse. Elle sait également conduire un polar, en présentant personnages et paysages puis en accélérant progressivement le rythme afin de renforcer le désir du dénouement. Une petite critique cependant, l’auteure a parfois du mal à intégrer ses anecdotes et connaissances sur l’histoire de la ville et de l’époque avec la légèreté requise. La lecture reste cependant très agréable.
J’ai plutôt apprécié cette lecture, je partage en gros ton avis sur à peu prsè tout.
je viens de finir le livre, j’ai bien aimé et ai également appris beaucoup de choses sur ma ville LYON.
j’attend une suite …….
je découvre Lyon où je me suis installée depuis qq semaines, encore loin de me représenter ce que cela pouvait être que la vie à l’époque, mais un excellent intervenant à la maison des canuts m’a permis d’en apprendre un peu plus