Saviez vous que lorsque vous vous aspergez de n° 5 de Chanel, vous répandez sur votre peau des reliquats indigestes pour les cachalots d’un animal jamais vu par l’homme ? Ou que le poids d’un oreiller vieux de 6 ans est composé pour
moitié de peaux mortes, acariens et de leurs déjections ? Le très stimulant et très amusant livre de Bill Bryson fourmille de ces petites anecdotes qui font la grandeur et les vicissitudes de la science. Abordant avec grâce tous les domaines de la science, la physique, la chimie, la météorologie, la biologie, l’astronomie, l’astrophysique ou la géologie, il nous raconte la grande et fascinante histoire de la vie de notre petite planète. Un endroit qui derrière ses airs étrangement engageants, d’autant qu’il semble être à nul autre pareil dans nos parages, est tout de même un espace fort dangereux et encore plus mystérieux. Nous connaissons mieux la lune que la tectonique de notre Terre et ne parlons pas des espaces sous-marins encore si peu explorés. Un monde complexe certes mais que l’humour et la pédagogie de Bryson rende très accessible.
Salué par le prix Aventis aux Etats Unis et par le prix Descartes par l’Union Européenne, Une histoire de tout ou presque est la preuve que vulgarisation ne rime pas le moins du monde avec médiocrité ou approximations. Bill Bryson propose à son lecteur un voyage dans notre passé fort, fort lointain et dans notre plus brûlante modernité, dans l’infiniment grand et dans l’infiniment petit, au cœur des mouvements de convections du noyau de la Terre et aux confins de l’univers au moment du Big Bang. Pour égayer le voyage, il invite les grands noms et les petites histoires qui jalonnent ce long, très long parcours. Il ne dédaigne pas non plus faire régner un suspense proprement paralysant en nous contant les mille et un risques encourus par notre pauvre sphère bleue, dont le nom Terre semble particulièrement peu cohérent avec son énorme masse d’eau salée. Tant d’eau et si peu d’eau potable…
Cette histoire est aussi l’histoire des hommes qui l’ont reconstituée, des scientifiques de l’Antiquité à botanistes passionnés de mathématiques. On croise Einstein et Darwin les deux scientifiques dont les idées et observations ont changé la face du monde, des hommes qui ont pourtant eu leurs petites faiblesses, Darwin et sa crainte de choquer son épouse bigote ou Einstein persuadé que la tectonique des plaques était un mythe. On découvre que les polluants les plus dévastateurs ont été inventés en toute bonne foi par un ingénieur trop sûr de la puissance du progrès et rappelons le destin de cette pauvre Marie Curie dont une partie de l’œuvre est toujours sous séquestre en raison de sa toxicité nucléaire.
Bill Bryson nous propose un livre remarquable par sa clarté, délicieux par son humour, brillant par sa qualité d’analyse, permettant à chacun de nous de se familiariser avec les notions de tout ce qui fait aujourd’hui notre quotidien. Il a également l’obligeance de nous rappeler que si homo sapiens règne en maître absolu et fort destructeur sur son environnement, il est un maître bien faible que quelques bactéries ou virus peuvent éradiquer aussi sûrement qu’un astéroïde ou l’explosion d’un super volcan. Passionnant.