Un livre étrange, à la fois chant d’amour et de regret, récit imaginaire et inspiré du réel, mais aussi de loin en loin, puis de manière de plus en plus évidente, j’ai ressenti la volonté de s’expliquer, de faire comprendre, de légitimer certains choix
qui ont valu à l’auteur une mise au ban du milieu intellectuel, devenu aussi prompt que le reste du champ social à distribuer les bons et les mauvais points en matière de morale, de moraline.
Peter Handke nous raconte l’histoire d’un lieu, un lieu de confluences devenu lieu de déflagrations et de destins brisés. Les chants mélodieux y sont devenus coassements insupportables et l’avenir semble peint du visage aigri d’une femme mal-aimée. Il se souvient d’un temps, où les hommes étaient assemblés autour d’une Histoire. Mais cette Histoire a-t-elle été autre chose qu’une histoire, une légence qu’on se raconte pour oublier que le temps passé n’était pas aussi beau, ni aussi miraculeux qu’on veut le croire…, si désespérément.
La Nuit Morave a des accents de témoignage d’une grâce à jamais enfuie et de testament, celui d’un grand écrivain qui s’est confronté un jour à la vindicte cruelle des vainqueurs, de ceux dont les idées règnent en maîtresses cruelles et sans égard, sans pardon, sans compréhension.
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