Cinéma – Bruegel, le moulin et la croix – Lech Majewski

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=195787.html

Un film tout à fait étonnant du polonais Lech Majewski avec un casting qui normalement aurait dû lui ouvrir la totalité des plateaux de télé: Rutger Hauer, Charlotte Rampling et Michael York ( dont la chirurgie esthétique est un véritable carnage). Mais l’étrangeté du film, ses longues plages de silence, le choix d’un thème particulièrement casse-gueule, l’analyse d’une oeuvre sur un plan technique, mais également historique, a laissé ce film étrange et fascinant dans les ténèbres d’une critique muette.

Techniquement, le film est réussit, on rentre dans ce tableau, et on découvre surpris la vie des personnages, très nombreux, plusieurs centaines qui hantent tout le tableau. Des vignettes de vies quotidiennes entre gestes usuels et difficulté face à l’occupation du territoire par une force étrangère. Car au delà du thème récurrent dans la peinture médiévale, la passion du Christ, c’est bien la dimension politique de l’occupation des Flandres attirées par les feux de la Réforme, par les troupes de Philippe II. Ainsi la passion du Christ, devient le prétexte à la description de la passion d’un peuple qui voit dans les espagnols, les nouveaux romains venus écorcher vif l’agneau de dieu.

Le film de Majewski peut se voir sans connaissance préalable, le propos étant assez didactique, mais un petit bagage est tout de même recommandé. D’autant que de longues plages sans dialogues, peuplées par les cris des enfants ou les croassements de corbeaux, succèdent au dialogue entre le peintre et son commanditaire ou aux lamentations de Marie. La réussite est là, c’est indéniable, on est saisi par le travail du peintre, son sens de la lumière, de l’histoire et des symboles. Ainsi le meunier transformé en dieu omniprésent et pourtant cruellement absent, en haut de son moulin, perché sur son éperon rocher, bien loin des hommes dont il broie les vies sans y accorder plus qu’un vague regard est saisissant. Un beau travail de cinéaste.

Le viol, une adapation évolutionniste?

http://www.books.fr/sciences/le-viol-des-insectes-lhomme/#section

Excellent article qui appelle un commentaire. S’il est peu probable que le viol soit une adaptation evolutionniste, il est par contre certain que le pouvoir et surtout la frustration du pouvoir, les situations de guerre ou de flou éthique qu’on note dans tous lieux où un homme peut exercer une forme de coercition librement sur ses contemporains, font de l’homme un violeur potentiel. Il n’y a jamais loin entre désir de séduire et besoin de soumettre cette autre qui se refuse. Donc rien d’évolutionniste, mais bien un véritable enjeu de pouvoir. On me dira que les femmes sont aussi cruelles dans ce genre de cas, peut-être, mais je n’ai pas encore vue de groupes de femelles hystériques se jeter sur un village d’hommes pour les soumettre.

Certains hommes se refusent à se voir dans ce rôle, arguant du fait qu’ils seraient incapables de bander si le plaisir de leur partenaire n’est pas probant. Noble mais difficilement vérifiable, alors que malheureusement on a démontré largement qu’en cas de conflit, ou dans le cas d’une absorbtion massive d’alcool, bref dans toutes situations où les barrières de l’éthique tombent et que l’homme dans son “désir” peut “oublier” de s’enquérir du désir de sa partenaire, voire considérer que son non n’a aucune importance. Le viol est une arme barbare, un acte qui n’est qu’un avatar de la violence exercée par ceux qui détiennent un pouvoir indu.  Il est malheureusement aussi bien ancré dans une tradition où le ventre des femmes appartient aux hommes. Il ne me semble pas évident qu’on soit totalement sorti de ces traditions qui s’imposent dès le néolithique…

Est ce que le viol est le propre de l’homme? Peut être pas. Mais qu’il soit une tentation permanente, la question se pose…