http://www.books.fr/sciences/le-viol-des-insectes-lhomme/#section
Excellent article qui appelle un commentaire. S’il est peu probable que le viol soit une adaptation evolutionniste, il est par contre certain que le pouvoir et surtout la frustration du pouvoir, les situations de guerre ou de flou éthique qu’on note dans tous lieux où un homme peut exercer une forme de coercition librement sur ses contemporains, font de l’homme un violeur potentiel. Il n’y a jamais loin entre désir de séduire et besoin de soumettre cette autre qui se refuse. Donc rien d’évolutionniste, mais bien un véritable enjeu de pouvoir. On me dira que les femmes sont aussi cruelles dans ce genre de cas, peut-être, mais je n’ai pas encore vue de groupes de femelles hystériques se jeter sur un village d’hommes pour les soumettre.
Certains hommes se refusent à se voir dans ce rôle, arguant du fait qu’ils seraient incapables de bander si le plaisir de leur partenaire n’est pas probant. Noble mais difficilement vérifiable, alors que malheureusement on a démontré largement qu’en cas de conflit, ou dans le cas d’une absorbtion massive d’alcool, bref dans toutes situations où les barrières de l’éthique tombent et que l’homme dans son “désir” peut “oublier” de s’enquérir du désir de sa partenaire, voire considérer que son non n’a aucune importance. Le viol est une arme barbare, un acte qui n’est qu’un avatar de la violence exercée par ceux qui détiennent un pouvoir indu. Il est malheureusement aussi bien ancré dans une tradition où le ventre des femmes appartient aux hommes. Il ne me semble pas évident qu’on soit totalement sorti de ces traditions qui s’imposent dès le néolithique…
Est ce que le viol est le propre de l’homme? Peut être pas. Mais qu’il soit une tentation permanente, la question se pose…
Plusieurs points obscurs dans votre critique:
- “on me dira que les femmes sont aussi cruelles dans ce cas”: de quoi parlez-vous? De quel cas?
- “traditions qui s’imposent dès le néolithique”: de quoi parlez-vous? est-ce avéré? Si l’on prend la mythologie grecque, oui, mais est-ce de l’histoire? Et si cela reflétait une mentalité, faut-il dire que c’est le cas dans toutes les cultures?
- “est-ce que le viol est le propre de l’homme? Peut-être pas”. Il semblerait que non… Pourquoi vouloir en faire une spécificité humaine, et ainsi la légitimer, voire en faire une pulsion “supérieure”?
Sur l’ensemble, je suis d’accord avec vous, mais il me semble que vous intériorisez comme acquises des positions dangereuses… Cela fait le jeu des violeurs.
Bonjour
Je pensais pourtant que mon texte était clair,
_ les femmes sont aussi cruelles dans l’exercice du pouvoir que les hommes, un regard sur l’histoire récente permet de le prouver allègrement, mais également les études sur les groupes sociaux dans lesquelles les belles mères soumettent leurs belles filles et participent à la violence exercée contre les autres femmes
- le ventre des femmes appartient aux hommes depuis que les hommes ont instauré une séparation stricte des activités dévolues aux unes et aux autres, le néolithique.
- le viol est un acte de violence qui implique une volonté d’exercer un pouvoir de soumission de l’autre, il y a des formes de soumission des femelles dans d’autres espèces, mais je ne pense pas que ces mammifères ou ces oiseaux conçoivent un plaisir particulier à la violence exercée contre leurs femelles.
Il y a bien longtemps, Cendrine, que l’humain a cessé de confondre reproduction et sexualité, ce qui semble moins évident chez les autres mammifères, exception faites de nos cousins primates. Dire qu’un acte est une spécificité d’une espèce n’est pas en consacrer la supériorité, c’est simplement tenter d’expliciter sa présence, voire son omniprésence dans cet espèce.
Les violeurs n’auront certainement pas attendu ce court texte pour sévir et ceux qui aujourd’hui en Afrique ou ailleurs l’utilisent comme arme de guerre n’auront sans doute pas lu un blog perdu au milieu de la blogosphère. Un peu de sérieux!