"Bien que formellement opposés, le destpotisme et la démocratie reposent en fait sur le même principe. L’exercice du pouvoir absolu ne peut que stimuler les désirs irrationnels du monarque et son avidité (son désir de "plus" ou pléonaxie, 875b6 Lois). Pareillement le régime démocratique prend pour norme le plaisir de chacun (c’est en ce sens qu’elle est une "théotocratie", 700d-701b, Lois) favorisant une vie de liberté effrénée et d’"impudence". La relation des deux régimes est identique à celle de deux vices aristotéliciens. Chacun des extrêmes repose sur l’excès d’un élément donné (le pouvoir en un cas, la liberté dans l’autre) dont la mesure réside en "milieu" où elles s"équilibrent mutuellement."
(André Laks dans Histoire de la philosophie politique t.1 – La liberté des Anciens)