Gilles Vervisch – Comment ai-je pu croire au père noel? – Max Milo eds

La philosophie au quotidien n’est pas le développement personnel en vogue aux US, où on vous explique longuement comment « réussir » sa vie, professionnelle, of course, mais également comment être heureux en ménage, ou avoir de  bonnes relations avec votre progéniture, une sorte de recette miracle pour avoir une « happy life ». La philosophie heureusement ou malheureusement ne professe aucune recette miracle, juste un constat : tu es né, tu vas mourir, entre les deux, il va falloir faire avec ce que la nature t’a donné pour vivre aussi bien que possible. Et tu feras d’autant mieux, si chaque jour tu t’interroges sur ce qui t’entoures et tu en tires quelques bonnes leçons pour demain et pour les jours d’après, si chaque jour tu regardes autour de toi sans œillères et sans préjugés, et surtout si chaque jour, tu travailles ton regard et non le regard imposé par une société ou un environnement. La philosophie apprend à regarder le monde et à aimer le confort de la solitude.

C’est au nom de cette belle tradition que Gilles Vervisch nous invite à penser des questions aussi existentielles que « comment ai-je pu rester aussi longtemps avec un mec aussi con ? » mais qu’est ce qui peut bien pousser ma belle mère à affubler son pauvre clébard déjà peut aider par la nature, de frusques aussi laides » ? « Dois-je aller voter dimanche ? » (et oui ça tombe bien !) ou encore « est ce que je me lève pour aller bosser lundi matin ? ». Comment ce n’est pas de la philosophie ça ! Et bien lisez les réponses de notre enseignant et agrégé de philo et vous verrez que chaque question posée aussi triviale semble-t-elle, peut vous conduire sur les voies lumineuses de la philosophie la plus exigeante. Le droit des animaux et l’influence de la philosophie naturaliste contemporaine, face à la philosophie utilitariste d’Aristote ; l’opposition entre le travail comme épanouissement : intellectuel le plus souvent, face au travail manuel devenu dans nos sociétés capitalistes un vecteur de domination et non plus d’affranchissement. L’amour, le désir, l’ignorance et la compréhension que ce que nous désirons n’est pas forcément ce qui est fait pour nous : une bonne critique de la société infantile du désir permanent. Et tant d’autres.

 Gilles Vervisch doit être un bon professeur, puisqu’il transmet avec art son savoir, en laissant une large place à la réflexion de ses lecteurs, avec cette pointe d’humour, ce décalage qui invite à la discussion. La différence entre la philosophie et le développement personnel ? Dans un cas on vous donne des recettes miracles qui ne marchent pas souvent, c’est un peu comme les recettes du supplément cuisine de Elle, dans l’autre, elle vous invite juste à vous interroger chaque jour, sur tout, ne jamais se résigner à accepter la voix de son maître, un vrai manuel d’insoumission….

Blog de Gilles Vervisch : gillesvervisch.blogspot.com

Le site des éditions Max Milo

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