Edgar Allan Poe – Les contes macabres – illustrés par Benjamin Lacombe – Editions Soleil

Le livre est magnifique et il attire l’oeil dans cette librairie spécialisée dans la BD. Grand format, papier épais et brillant, couverture noire et médaillon reprenant l’illustration d’un des contes rassemblés dans l’ouvrage. Des  incrustation du visage halluciné de l’écrivain sont dispersées sur l’ensemble de la couverture. Les nouvelles rassemblées dans cet ouvrage ont été publiées sur une période de 10 ans, entre 1835 et 1845, dans différentes revues. Traduites en français par un autre écrivain halluciné et fasciné par l’écrivain, Charles Baudelaire, elles trouvent ici un habile illustrateur pour en révéler toute la noirceur.

 » Bérénice », « le Chat noir », L’ Ile de la Fée », « Le Coeur révélateur », « La Chute de la Maison Usher », « Le Portrait ovale » , « Morella » et « Ligeia », courts contes de morts, de maladie, de passion et de folie où l’homme semble toujours pris par les rets de la fatalité. L’amour finit toujours au tombeau dévoré par la maladie, l’alcool et la drogue conduisent aux gestes irréparables. La traduction de Baudelaire est digne du génie de l’écrivain américain et le poète y déploie sa palette la plus macabre.

Curieusement toutes ces sombres histoires sont écrites dans une période de la vie de Poe qu’on  pourrait croire plus calme, plus douce. Il vient de se marier et il semble très épris. Mais entre le secret qui pèse sur l’union clandestine et la tuberculose dont souffre déjà la jeune Virginia, on comprend mieux l’obsession de Poe pour la maladie et la douleur de la perte prochaine.

Les illustrations de Benjamin Lacombe sont splendides, ces jeunes femmes fragiles aux yeux gigantesques, le respect scrupuleux des thèmes antiques chers à Poe, la délicatesse des formes végétales et le mélange habile des traits de Poe, de Baudelaire ou de l’illustrateur lui même forment un écrin splendide pour accueillir chaque nouvelle et rendre la lecture plus fasinante.

Un livre à lire et à partager le soir au coin du feu, sous un arbre, dans un endroit calme, loin des pollutions permanentes de notre monde moderne. Un bel hommage à l’intelligence aigue de Poe et aux qualités de traducteur de Baudelaire.

Sur le blog de l’illustrateur

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