François Arango – Le jaguar sur les toits – Métailié

Je ne sais pas quoi dire de ce livre. Je n’ai jamais réussi à entrer dedans, le côté polar m’a semblé à la fois dénué d’imagination et de personnalité, la réflexion sur  la médecine contemporaine et le grand marché du rajeunissement des cellules par l’usage de plantes issues des grandes forêts pluviales et du savoir ancestral des indigènes m’a semblé plaqué sans finesse sur le polar. Bref je n’ai pas aimé. Je crois qu’on peut être très performant dans son domaine, ici la médecine, passionné par un pays, le Mexique et amateur de polars et ne pas être capable de faire le lien entre ces éléments dans un livre. Et c’est malheureusement ce qui arrive à François Arango qui a dû prendre beaucoup de plaisir à écrire ce texte mais qui a oublié qu’un polar devait être chose qu’une succession de stéréotypes entrecoupés de petites thèses pour revue médicale.

Le roman commence bien pourtant avec cette légende de la longue vie du héros mexicains Zapata et l’existence de tribu indigènes où l’on vivrait fort vieux et très bien portant. On voit tout de suite le lien avec nos préoccupations de populations riches et vieillissantes prêtes à tout pour découvrir enfin le secret de la fleur de longue vie. Ensuite on entre dans le polar avec la découverte d’un corps mutilé à la manière des sacrifices humains aztèques et c’est là qu’on dérape tout de suite. Le type s’avère être une belle ordure, et les deux flics un homme et une femme très belle, of course _ ah quand le duo de flics où le mec sera gay et la minette bossue et binoclarde_ rapidement aiguillé vers l’autre vérité, celle qui est ailleurs.

Le propos est certes maîtrisé mais à la manière des séries télé américaine, avec de longues scènes dans les morgues. Quant au vilain méchant, on a parfois l’impression d’être dans le Silence des agneaux et autres polars sanguinolents, avec un criminel qui s’explique gentiment auprès de ses victimes. Est-ce que je suis devenue mauvais public pour ce genre de livre ou bien est-ce qu’il y a vraiment un problème avec ces polars qui ne savent plus où se situer entre le vrai roman à thème et la recopie de scénars vus et lus des dizaines de fois ? Les deux peut être.

Sur le site de l’éditeur

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Une réflexion sur “François Arango – Le jaguar sur les toits – Métailié

  1. Je viens de finir le jaguar sur les toits, et de lire votre excellente critique dont je ne partage pas du tout les conclusions. Je ne suis pas spécialiste des séries télé, mais je n’en vois aucune qui s’apparente en quoi que ce soit à ce roman, surtout de nos jours où tout n’est que recherche d’ADN et profilers à gogo. En revanche, j’ai trouvé plus de parentés avec de vrais bons polars des années 70-90, comme de vieux Steve Mc Queen ou De Niro. Quant à l’héroïne binoclarde et bossue, elle reste à créer (peut-être serez-vous ce génial inventeur) mais vous reconnaitrez que la bosse aurait été gênante pour l’allonger sur la pierre des sacrifices…
    Enfin bon, moi ça m’a distrait, fait découvrir des lieux et thèmes que j’ignorais, et cela seul compte.

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