Wal Mart et les grands groupes tremblent devant quelques femmes…quelques millions de femmes…

La « class action » d’un groupe de femmes contre la chaine de magasins discount Wal Mart pourrait si elle est validée par la Cour Suprême, changer la face de la lutte contre les inégalités induites par un capitalisme totalement coupé des racines philosophiques et économiques de ses théoriciens. L’histoire est simple et ressemble à s’y méprendre à ce qui a déclenché la lutte pour la reconnaissance des droits civiques des noirs aux Etats Unis. Une femme, noire, Betty Duke découvre que le magasin Wal Mart qui l’emploie, la traite différemment, moins bien, que les autres employés : elle travaille plus, pour un salaire moindre et ne bénéficie pas des avantages et des formations dont d’autres salariés peuvent se prévaloir. Betty Duke porte plainte pour obtenir l’égalité de traitement. Sa plainte est bientôt suivie de cinq autres. Toutes déposées par des femmes, pas toutes noires, mais toutes femmes, puis de milliers d’autres. Les femmes se rebiffent contre leurs conditions salariales plus précaires que celles des hommes, contre le harcèlement sexuel, les humiliations quotidiennes et le pouvoir de plus en plus brutal qu’une économie débridée et folle fait peser sur chacune d’elles.

Le parcours judiciaire aura été long pour ces femmes, et la Cour Suprême a l’occasion, comme rarement dans son histoire, de faire pencher la balance du côté des victimes. Certes la balance semble pencher du côté de l’Empire, d’autant que les grandes enseignes du capitalisme sont venues apporter leur soutien au groupe Wal Mart. Parmi ces entreprises qui ont bien compris le danger qu’elles courent en cas de reconnaissance de cette plainte. Microsoft, General Electric, Bank of America ont fait savoir que si la Cour Suprême reconnaissait la validité d’une telle plainte, cela pourrait détruire le groupe Wal Mart, ruiné par les indemnités à payer, mais surtout que cela les exposerait à des semblables procès…. ce qui laisse à penser sur l’éthique de ces groupes.

Certes la Cour Suprême ne statuera pas sur le fond, mais seulement sur la forme, en effet le groupe Wal Mart et ses soutiens arguent que la situation de ces femmes n’est pas le fait d’une politique du groupe, mais dépendent exclusivement de pratiques individuelles. Considérant le nombre de plaintes, cette excuse parait cousue de fil à blanc ou alors il faut imaginer que dès qu’on passe manager on devient un abruti sexiste !

La décision sera rendue en juin, et en attendant, ce sont les femmes, les salariées qui espèrent qu’une décision historique sera prise et que la moralisation du capitalisme promise à corps et à cris par les dirigeants des pays riches sera autre chose qu’un mot dans la bouche de menteurs professionnels. Haut les cœurs les filles, cette victoire loi serait UNE magnifique victoire et une véritable avancée sur le long chemin de l’égalité…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s