Peter Kominsky – The Promise – Canal Plus

Pour ceux qui l’ont vu la mini série Warriors avait représenté un choc, la confrontation de soldats britanniques, sous mandat onusien, avec à la folie du conflit yougoslave et l’impossibilité de maintenir la paix entre des belligérants prêts à tout pour en découdre. Avec The Promise, le réalisateur Peter Kominsky s’attarde sur un autre morceau d’histoire, les derniers mois du mandat britannique en Palestine. Une fois encore, il montre des soldats britanniques dans cette impossible posture qui veut transformer des hommes de guerre en chiens de paix. Mais il va plus loin, en plaçant en parallèle le destin d’un soldat britannique au moment de la partition et celui de sa petite fille, de nos jours en Israel et en Palestine. Il montre que la barbarie a toujours le même visage, celui de la certitude d’avoir raison et d’être prêt à tout, au pire surtout pour obtenir ce qu’on veut. La série est remarquable d’intelligence, de finesse, elle s’attarde enfin sur la tragédie des hommes et des femmes mais aussi sur la cruauté au quotidien des hommes contre d’autres hommes, plus faibles, toujours plus faibles.

Erin est une jeune britannique trouve dans les affaires de son grand-père mourant, un journal intime, les souvenirs du sergent Leonard Matthews dans les derniers mois du mandat britannique sur la Palestine, jusqu’à la partition de 1948. Elle doit se rendre en Israel pour accompagner sa meilleure amie qui va intégrer les forces armées israéliennes dans le cadre de son service militaire. Dans cette famille israélienne libérale en apparence, elle découvre la vie de son grand père soixante ans auparavant.

Le cinéaste nous promène entre les époques montrant l’évolution des deux personnages, tout deux persuadés que les juifs ont raison et que leur combat est juste, puis découvrant lentement, inexorablement que si les juifs ont des droits, l’autre peuple, les palestiniens, des hommes et des femmes, des enfants et des vieillards ont été les tragiques victimes collatérales d’une double injustice : celle de la partition, celle d’une guerre totale et inexpiable.

Comme son grand père, la jeune Erin n’a pas d’idée préconçue sur la situation quand elle arrive en Israël. Elle y vient pour une amie. Ce n’est qu’en découvrant l’histoire de son grand père, qu’elle comprend que la situation est bien plus complexe qu’elle ne l’imagine. Les palestiniens ne sont pas les méchants barbares, comme les soldats britanniques n’étaient pas les odieux occupants. Avec le frère de son amie, elle découvre un autre visage des israéliens, celui de ceux qui obstinément, contre toute logique et peut être contre tout espoir cherchent le dialogue, la paix, la main tendue.

Passant d’une époque à l’autre, Kominsky nous permet de toucher du doigt la complexité d’une situation qui semble sans issue. Il nous montre une histoire que nous avons tous oublié, parce que c’est si simple d’oublier l’histoire des vaincus. Avant la partition il y a eut la période de guerre totale, aujourd’hui comme hier on appelle ça du terrorisme, mais en ce temps, cette arme était celle des juifs de Palestine contre les anglais, et bientôt contre les palestiniens avec le massacre de Der-Yasin ou celui de Haifa. Pour le jeune soldat de la puissante armée britannique, celle qui vaincu Hitler, il y a d’abord un soutien, puis des doutes et enfin l’incompréhension, comment peut on abandonner des millions de civils à une armée qui fera tout pour les forcer à leur abandonner le territoire. Pour Erin, c’est la découverte de ce visage sombre d’Israel, celui d’un peuple tellement sûr de son bon droit qu’il en devient odieux envers les plus faibles. Oubliant qu’un jour il a été dans cette terrible situation.

Le réalisateur britannique, ici, comme avec Warriors nous invite à regarder la souffrance, au-delà de la politique et des grands discours sans âme et sans conscience. La souffrance des juifs venus trouver en Palestine, celle des palestiniens chassés de leur terre et désespérant de garder de quoi vivre, survivre sur ce qui fut leur terre. Parmi les moments les plus poignants, il y a cette scène avec un vieux palestinien qui pour la première fois depuis 1948 peut descendre, caché à l’arrière d’une voiture, voir son village désormais occupés par des israéliens.  La mémoire, comme ultime rêve et éternelle souffrance. Je ne sais pas quel peut être le destin de deux peuples dont l’histoire est désormais noyée dans le sang et les larmes. Quel espoir peut-il rester ? Quelle Histoire peut encore se dérouler sur une terre qui de promise est devenue maudite. Le Serment ne répond a aucune question, il ne laisse pas beaucoup d’espoirs non plus

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