La prostitution, un droit de l’homme ?

Le petit débat du jour tourne autour de la prostitution, plus exactement autour de la pénalisation du client. Le gouvernement est pour, certaines associations sont pour, certaines féministes sont contre, certaines prostituées sont contre et les écrivains du bon Paris sont contre.

Alors pénalisation du client ou pas ? Si on en croit Grisélidis Réal, putain suisse qui a laissé quelques pages pour raconter son expérience et décrire son métier comme un véritable service public, la putain est une sorte de nécessité afin d’éponger les humeurs des pauvres petits mâles frustrés. Si on en croit Elizabeth Badinter, le modèle suédois qui pénalise le client, serait un mauvais exemple, nous ferions mieux de reconnaître un status aux « travailleuses du sexe », ah ce goût pour la périphrase débile ! Curieusement on trouve en France plus logique que des femmes soient volontairement putes que volontairement étroites d’esprit et bigotes. Oui, c’est curieux.

Hier, au journal télé, un acteur français,  est venu s’exciter tout seul, en expliquant que la France était le pays de Voltaire, de Molière et de Rousseau, du libertinage et de la liberté de vendre et d’acheter son corps. Ben tiens. Alors outre qu’il faudrait définir la notion de  « liberté » de vendre son corps, il faudrait aussi m’expliquer le lien entre prostitution et libertinage. Ce dernier implique la TOTALE liberté et la TOTALE conscience de ce qu’on fait et de ce qu’on donne. Le libertinage demande aussi l’égalité des partenaires. Si on fait intervenir le pognon, je suis déjà sceptique sur la validité de la notion de libertinage et quand on sait que la plupart des putains sur les trottoirs en France, sont des gamines enlevées, violées, battues, droguées, encore et encore jusqu’à leur enlever la conscience d’elles mêmes, pour moi, on parle alors d’ESCLAVAGE, pas de libertinage ! Et l’esclavage est et DOIT être puni.

Qu’on ne me raconte pas que les salauds qui se paient ces filles ne savent pas de quoi il est question. Et puisqu’on ne peut pas démanteler les filières (on ne veut peut être pas tant que ça d’ailleurs), alors ces clients doivent être cloués au pilori et désignés pour ce qu’ils sont de sales ordures esclavagistes.

La solution passe peut être par une reconnaissance de la prostitution comme un travail, pourquoi pas. Peut être que cela protègeraient ces gamines arrachées à leurs pays et vendues comme du bétail, non moins que ça vendues comme trois trous et deux mains ! Peut être. Je ne sais pas pourquoi, je n’y crois guère. Je crains que la majorité des clients de « travailleuses du sexe » ne cherchent pas juste un peu de réconfort et un peu d’affection, mais d’abord et avant tout la possession et la soumission d’un corps, d’un être humain, son humiliation, sa réduction au néant.

Un truc en passant,  le porno chic, la « philosphie » des pubards et du show biz, repris désormais par tous les people et abrutis en recherche de gloriole, a popularisé l’idée d’un prostitution chic, dont les incarnations récentes sont une Zahia ou Ruby. Le mythe de l’Escort Girl pérennise également l’idée d’une prostitution chic en talons aiguilles chic et robes de couturier. Ce n’est certes pas nouveau et certaines vont même jusqu’à se vendre pour une alliance. Cette minorité ne doit pas cacher la réalité de la prostitution qui pour l’écrasante majorité des filles signifient esclavage et destruction.

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