Chassez ces pauvres que je ne saurais voir…

Depuis le XVIIè siècle, le regard porté par les sociétés occidentales sur ses pauvres, sur les pauvres, est criminogène et excluant. Les pauvres sont responsables, voire coupables de leur sort, il ressort de leur attitude une large part de vice, ils représentent un mauvais exemple pour la société et doivent donc être exclus, chassés des centres urbains, jugés et parfois enfermés.

Le progrès social aidant, la religion et son lot de culpabilisation et de jugements à l’emporte pièce reculant, on pensait que la pauvreté était devenu un mal social qu’il était nécessaire pour le politique de tenter de limiter en favorisant des lois d’aide et de soutien. On sait depuis longtemps maintenant que ces aides sont largement insuffisantes et que la pauvreté est redevenu un drame pour ceux qui la vivent et non une opportunité de ne rien foutre, comme l’avance avec cette morgue et cette suffisance en vogue dans cette droite décomplexée, raciste et vulgaire.

Wauquiez qui de toutes évidences cherche à gagner son p’tit susucr’, nous fait savoir qu’il est temps que ces sales faignasses de pauvres soient contraints de bosser, contre l’aide misérable qu’on leur octroie. Au nom de la lutte contre l’assistanat. Oui, oui, oui. C’est vrai que lorsque l’état fait les poches des citoyens pour sauver un système bancaire coulé par sa propre incapacité, ce n’est pas de l’assistanat, c’est né-ce-ssai-reeee !

Parlons un peu d’un autre crime contre les pauvres. On sait l’entente cordiale entre Sarko le blaireau et Berlu la morue pour chasser les milliers de migrants jetés sur les routes par la pauvreté et la guerre. Ce qu’on sait moins, car cela ne fait guère les gros titres, c’est que nombre de ces migrants se noient ou meurent de faim et de soif, en chemin. Un article du Guardian, relayé par un journal polonais annonçait ainsi qu’un bateau de migrant libyens, fuyant le conflit que nous avons initié, au nom de bons principes de préservations de populations civiles – c’te bonne blague !, ont dû faire demi tour et regagné la Libye. Sur les 70 personnes qui avaient pris place sur ce navire de fortune, 10 seulement étaient encore en vie à l’issue de ce tragique voyage. Un drame de plus me direz-vous, sauf que le bateau aurait croisé le porte avion Clemenceau et que leur situation dramatique a été signalé aux garde-côtes italiens. Plus de 60 personnes dont des enfants sont mortes parce que les militaires français soutenus par leurs collègues de l’OTAN ont estimé que leur mission n’était pas de sauver des vies innocentes. Et puis tous ces miséreux auraient fini sur nos côtes, il aurait fallu leur trouver un logement, un peu d’argent. Alors autant laisser la nature faire les choses et détourner le regard pendant que dans les beaux flots bleus de notre mère Méditerranée,  des vies s’éteignent.

 

Les pauvres n’ont plus de valeur marchande, il y en a tellement, corvéables à merci par un système qui désormais ne survit que par le crime, la prévarication et l’appauvrissement de la majorité. Les pauvres peuvent donc crever la gueule ouverte, sans que cela préoccupe nos pontes de la politique  ou de l’économie. Les pauvres ne coûtent pas cher, contrairement à ce que prétendent les tenants de la valeur travail. Ils coûtent beaucoup moins cher que le petit groupe des plus riches qui ne paient pas d’impôt, n’investit pas l’argent dans les entreprises et dans les salaires, mais qui bénéficient d’aides diverses et variées et notamment d’un « petit » coup de pouce de Bercy. Ces riches qui doivent leur fortune à la spéculation la plus violente, la plus criminelle, celle qui parie sur les guerres, la faim, le malheur et la destruction des vies humaines, sont le véritable problème de nos sociétés. Ils sont l’incarnation d’une société malade qui dévorent ses propres enfants, qui vendrait père et mère pour un colifichet, une marque de pouvoir ou un honneur. Dans une telle société les pauvres sont les symboles de nos mensonges, de notre cruauté, de notre barbarie et au nom de cela, ils doivent être stigmatisés, chassés…noyés.

PS: le saviez-vous, désormais de grands groupes industriels ont découvert la fortune qui se cachait dans les monceaux d’ordures des décharges. Ces décharges aujourd’hui permettent à des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de survivre en vendant ce qu’ils trouvent dans les décharges. Oh pas une grande vie, mais une vie quand même, de quoi même pour certains payer l’école de leurs enfants, dans l’espoir qu’ils échappent à la décharge. Et bien les industriels ont décidé que même cela c’était trop pour les pauvres, alors ils privatisent et chassent ces populations, leur ôtant leurs ultimes chances. Ces industriels volent le travail des pauvres, pour enrichir quelques gros tas de graisse et leurs blondasses péroxydées…

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