Pascal Martin – Le Seigneur des atolls – Presse de la cité

 Un agréable roman qui nous replonge dans les turpitudes du la présence nucléaire française à Tahiti et qui fait curieusement écho à un reportage récent sur un journaliste de l’île, Jean-Pascal Couraud,  parti en guère contre Gaston  Flosse, ami de l’ex président français Chirac, et parrain du territoire et qui disparut corps et bien, un petit matin pluvieux -ou pas, mais le fait est qu’il a disparu. Le roman de Pascal Martin se déroule sur une quarantaine d’années, de 1968 à notre époque et évoque l’étrange destin d’un journaliste, avide de justice et déçu de la brutalité humaine, parti se vider l’esprit dans un paradis terrestre et qui prit le parti d’une culture originelle, prise entre le marteau nucléaire et la l’enclume mafieuse. On se laisse séduire par les aventures du journaliste Chrétien, devenu Upo le fou puis Foch le défenseur ardent de son petit peuple, même si parfois, Pascal Martin semble se complaire dans la peinture naturaliste idéalisée du bon sauvage face aux sauvages venus de la civilisation.

Chrétien est journaliste, il couvre les évènements de 1968 et se trouve confronté à la violence des étudiants et des CRS. Pour lui, cette brutalité doit être montrée afin d’interpeller le public, pour son patron, c’est d’abord un risque de déstabilisation et dans la France gaullienne, on prend ce genre de risque très au sérieux. Déçu, le journaliste décide d’aller se faire voir sous d’autres cieux, et d’aller retrouver le bon sauvage dans l’hémisphère sud, à Tahiti.

Là il va découvrir le mystère de l’atoll de Tureia, le nouvel espace de jeux des apprentis sorciers de l’atome et de leurs alliés galonnnés. Une première rencontre musclée avec les locaux qui semblent loin de l’image du gentil hawaïen en pagne et de sa gentille dame aux fleurs de tiaré et le voilà affublé d’un nouveau nom et d’une assignation à résidence, imposée par le chef local, Arakino. Chrétien devenu Upo le « fêlé » va découvrir une nouvelle culture, déjà minée par la maladie occidentale, des hommes et des femmes qui veulent à toutes forces préserver leur héritage et la beauté de leurs monde, et pour cela, ils sont prêts à accepter la fureur de l’atome à leurs portes.

Le roman de Martin est très agréable, il déploie avec beaucoup d’art le fil de son récit et les multiples rebondissements ainsi que l’humour de certaines situations permettent de faire passer plus facilement le côté trop « parfait » de l’homme blanc providentiel venu sauver une bande de sauvages charmants certes, mais pas assez malins pour tenir longtemps contre les appétits de l’homme blanc ou de l’homme jaune.

Sur le site de l’éditeur

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s