Charles T.Powers – En mémoire de la forêt (trad. Clément Baude) – Sonatine

Un polar doublé d’une analyse pour le moins légère du passé communiste de la Pologne et des petits   arrangements des uns et des autres avec les divers maîtres du temps. On ne doute pas de la bonne volonté de Powers, mais le style est lourd, empoulé et dénué de tout sens de la nuance, certains personnages sont d’une confondante naïveté, les autres sont de sinistres crétins et les troisièmes semblent des méchants sortis d’un conte pour effrayer les enfants.  Rien de bien transcendant donc et surtout empli de cette moraline américaine qui leur tient souvent lieu de sens historique et politique.

La Pologne de ce livre est à la hauteur de ce qu’on en imagine quand on nous montre certains reportages: un pays de débiles profonds arriérés, de ploucs vulgaires et alcoolisés et d’antisémites pathétiques qui ne voient la lumière que dans les cierges d’église. Franchement des portraits comme ça frôle le reportage grolandais, mais malheureusement Powers n’a pas l’humour de nos amis de la télé.

Le meurtre d’un type obscur déclenche une sorte de réaction en chaine qui permet de lever le voile sur les relations troubles des autorités de la ville avec les communistes, les petits trafics sordides et les arrangements avec le grand ogre russe voisin. Avec la chute du mur, les langues se délient et les boites de pandore répandent leur contenu nauséabond dans la petite communauté. Un ami de la famille souhaite à toutes forces découvrir le secret du meurtre de son ami, enfin si tant est qu’on puisse définir comme cela des relations qui sont aussi distendues. Après les trafics, il découvre d’autres vilains secrets de plus en plus glauques et lorsque le village devient la proie de mystérieuses dégradations, il replonge dans un passé que tout le monde semble trop heureux d’oublier.

Si l’idée du roman semble bonne, le traitement est catastrophique. Les personnages et le déroulement sont caricaturaux et sans intérêt. On connait le dénouement et pourtant on s’étonne presque du tombereau de sentimentalisme qui achève la lecture en mode semi étouffement.

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Une réflexion sur “Charles T.Powers – En mémoire de la forêt (trad. Clément Baude) – Sonatine

  1. C’est vraiment un commentaire très dur! je suis en train de le lire et je pense qu’il y a une grande part de vérité dans la description de ce que le communisme a laissé derrière lui et il serait vain de dire que la corruption et la mafia ne lui ont pas succédé.
    Sans doute votre commentaire n’est-il pas très objectif, guidé par votre antimoraline américaine et souffre d’un attachement touchant pour un communisme décadent, verbeux et totalement dénué d’engagement sur le terrain.

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