Michel Pastoureau – Une histoire symbolique du Moyen Age occidental – Seuil

Un essai remarquable rassemblant divers articles consacrés par l’historien à cette partie passionnante et mal connue de l’histoire, l’univers mental et l’imaginaire des hommes et femmes du temps, qui donne naissance un univers symbolique d’une infinie richesse,  de  nuances et dont les images sont aujourd’hui passées dans notre quotidien. Histoire mal connue, souvent annexée par les marchands d’ésotérisme de mauvais aloi, la symbolique est un sujet pourtant bien passionnant pour les historiens de cette période car elle touche à tous les dimensions et à toutes les populations. Animaux, végétaux, couleurs, formes, tissus, jeux, armoiries, iconographie ou grandes histoires romanesques, le symbolisme est partout et il permet d’appréhender avec beaucoup plus de finesse cette réalité désormais si loin de nous.

Le Moyen Age aime les images, ce n’est pas nouveau. L’écrit et le lu étant réservés à une élite, il est nécessaire pour unir des populations disparates et dispersées de trouver des images fortes qui parlent immédiatement à chacun. Certes la science des drapeaux et des blasons n’appartient qu’à des connaisseurs, mais les populations reconnaissent immédiatement les images et le seigneur qui les porte. Chacun connait la symbolique des couleurs et reconnait immédiatement la qualité de personnes rencontrés à celle de l’étoffe et des couleurs.

Les hommes du temps qui affublent volontiers leur contemporains seigneurs comme vassaux de surnoms fleuris, connaissent bien le bestiaire et son symbolisme. Ainsi on préfèrera toujours être comparé à un lion qu’à un renard et on se défiera comme de la peste de tout homme, femme ou enfant arborant une tignasse rouge. On suit également religieusement les modes que ce soit celles des couleurs à porter, que celle des prénoms issus des grands romans de chevalerie. Ce qui est fascinant dans cet ensemble de texte, c’ets l’évolution de l’histoire symbolique. A un univers médiéval plein de couleurs succèdent à partir du XIIIè siècle un code de plus en plus réglementé par l’Eglise même. Et on glisse inexorablement vers le règne presque sans partage de quelques couleurs: le bleu, le noir, le blanc, le rouge, tandis que le vert et le jaune sont déconsidérés. Le Moyen Age se décolore pour entrer dans une renaissance où la neutralité sera d’usage.

L’essai est passionnant et fourmille de ces petits détails qui font les belles et grandes Histoires. Ainsi l’histoire de la blanche hermine ravira les bretons…

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