Cinema – Andrei Zviaguintsev – Elena (Russie)

Elena, une femme, la cinquantaine très avancée, ni belle, ni mince, ni remarquablement intelligente, ni remarquablement quoi que ce soit. Elle a rencontré Vladimir, riche homme d’affaire russe, en cheville avec les militaires, alors qu’elle était infirmière. Vladimir a vite compris l’intérêt de  donner à cette femme sans grande envergure l’occasion d’être la femme parfaite : ménagère accomplie, infirmière accomplie, cuisinière accomplie et suffisamment reconnaissante pour accepter de coucher dans une petite chambre à côté de la cuisine, comme un chien fidèle.

Mais Elena a un fils, l’archétype du gamin tel qu’on peut le détester, stupide, grossier, incapable, fainéant et menteur. Un fils qui pourtant a su se faire aimer de sa chère mère, qui, on le voit à commencer très tôt à accepter la domination des hommes. Serguei est mariée à une grosse truie aussi stupide et incapable que lui, mais pourvue d’ovaires en parfait état de marche. Elle pond. Et comme le premier, Sacha, est à l’image de son père, elle a décidé de remettre ça pour voir. Sacha, 17 ans, est aussi incapable que ses géniteurs, mais obtient quand même de sa grand-mère qu’elle se mette en quatre pour lui obtenir l’argent qui lui permettra de graisser la patte des autorités scolaires et éviter ainsi l’armée et le risque majeur de s’y faire durablement botter le fondement.

Elena est aveugle, c’est une mère, une génitrice, une idiote qui protège les siens même en sachant qu’ils sont débiles. Lorsque Vladimir refuse de lui fournir l’argent pour aider, puis qu’il lui révèle que par testament il va donner son argent à sa propre fille, jeune fille de bonne famille, droguée, égoiste et hédoniste, mais qui a au moins pour elle de savoir mordre la main qui la nourrit, ce qui pour son cher père est en soi une preuve de courage, Elena décide d’agir.

Le film est dur, brutal, ne laisse aucun répit, ni aucun espoir en cette triste humanité russe où tous les protagonistes sont aussi lâches et abrutis les uns que les autres. Elena terrassée par ses années de soumission finit par se rebeller pour sauver une famille qui la dévorera à la première occasion et il est plus que probable qu’elle n’en ignore rien. Vladimir, oligarque russe, égoïste et simplement mesquin qui laisse dormir sa femme dans une petite pièce loin de sa confortable chambre. Serguei le fils et sa famille qui sont à l’image des Bidochons mais on sait qu’il n’y a là aucun humour, ou la jolie  Natacha, la fille de Vladimir, cruellement fille à papa. La mise en scène est parfaite et l’histoire maîtrisée de bout en bout.

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