Cinéma – Karl Markovics – Nouveau souffle (Autriche)

Se pencher avec humanité sur le sort de ceux que la justice punit et qu’elle a bien du mal à réinsérer tant la société agit comme un rouleau compresseur chargé d’exclure à jamais ceux qui un jour, sont sortis dramatiquement de la norme. Roman Kogler est un de ces êtres. Abandonné Cib par sa mère, il a connu les foyers et les familles d’accueil et comme souvent, il a surtout connu la violence et la colère. Un jour il tue, pourquoi on ne sait pas, le film ne se penche pas sur les causes du drame, seulement sur la difficile reconquête de soi lorsqu’on est privé de liberté. C’est curieusement au contact des morts que Roman va entamer sa lente et difficile route vers lui-même. Car en Autriche comme en ailleurs, la réinsertion passe par le travail, et jusqu’à présent le jeune homme n’a pas réussi à trouver sa place, pas plus qu’auprès de ses camarades d’infortune. Sa dernière chance, les pompes funèbres, pour devenir croque-mort. Au passage, on remarque à quel point en Autriche comme ailleurs, s’occuper des morts est toujours une sorte de malédiction. Roman déjà solitaire devient une sorte de pestiféré.

Le jeune homme découvre la froideur, le poids, l’odeur des morts. Il comprend enfin la réalité de la mort, comprend sans doute pour la première fois les conséquences de ce qui n’a sans doute été de sa part qu’un mauvais geste, un geste instinctif ou cruel, mais sans intention réelle. Il se heurte également à l’hostilité d’un de ses collègues, une colère lourde qui isole encore Roman. Jusqu’au jour où l’un des cadavre dont il est chargé porte le même nom que le sien, une femme, jeune nommée Christine Kogler. Un corps enveloppé dans un  sac plastique, dont on devine les formes et les traits. Le premier moment de panique passée, Roman décide de retrouver sa propre mère, pour comprendre pourquoi elle l’a abandonné?

Le scénario est simple mais bien tenu d’un bout à l’autre, . C’est aussi la confrontation avec ce que nous serons un jour ou ce à quoi nous devrons nous confronter. Cette mort, son humanité et le traitement presque industriel du transport des cadavres, la brutalité de ceux qui confronté à cette mort ne savent qu’être représentant de la loi. La photographie est remarquable et quelques scènes magistrales, comme la toilette mortuaire faite par le personnage dont on attend le moins cette douceur et ce respect ou la scène finale qui porte tous les espoirs, malgré tout.

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