Jacques Dalarun – Gouverner c’est servir – Alma

Toujous intéressant de se souvenir que dans « service public », il y a le mot service. Que toute personne cherchant à briguer une magistrature de quelque niveau que ce soit, devrait être capable de s’effacer devant sa fonction et de soumettre son ego à l’intérêt général. La démocratie telle qu’on nous la vante bien  souvent devrait vouloir cela plus que tout, on constate chaque jour, et notamment en ces périodes électorales que le seul intérêt particulier prime. Et que nous adorons cela, puisque nous en redemandons tous les cinq ans.

Mais quel rapport entre le goût de servir et le Moyen Age? Tous les médiévistes savent que cette époque qui nous parait si riche reste pour la majorité une période noire, de supertistitions, de pestes, et de vieux moines libidineux brûlant de somptueuses sorcières rousses, tandis que des chevaliers se balancent joyeusement des coups d’estoc et de taille. On oublie, on ignore, que philosophiquement autant que spirituellement c’est longue période qui suit l’écroulement de l’empire romain et se brise dans le sang des guerres de religion, posa des questions passionnantes sur le plan politique. Dans un essai stimulant et souvent très drôle, Jacques Dalarun qui nous avait régalé avec son Moyen Age en Lumière rappelle que les monastères furent le lieu d’une intense réflexion sur l’art de conduire les croyants. Gouverner c’est savoir ne pas se croire au dessus des autres, savoir se mettre en retrait et accepter son humanité, reconnaitre sa faiblesse. Robert d’Arbrissel, François d’Assise, Claire, Abélard, les fondateurs des grands ordres religieux comprirent que leur empire, leur ministère ne pouvait passer par la force ou la forclusion, mais par le respect et l’humilité.

Ce que Dalarun nous montre malheureusement c’est également l’exception et non la norme. Le pouvoir exercée par des êtres exceptionnels qui ne connut finalement que la fin attendue: lorsque des êtres pusillanismes et avides prirent le contrôle de ces ordres ils en abîmèrent le message et le devenir. Le même triste destin que celui des messages de ce magicien juif nommé Jésus qui finirent par perdre toute valeur et toute gloire. Il faut se plonger dans ce lumineux Moyen Age pour apprécier ce que nous avons perdu et regarder à cette lumière aveuglante une démocratie devenue le règne du plus sanglant égoisme. Qu’avons nous fait de nos héritages? Qu’avons nous fait de tant de beauté et d’espoir? Foucault lui même serait bien en peine de répondre.

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