Eric Hazan & Eyal Sivan – Un état commun entrele Jourdain et la mer – La fabrique

J’adore Amos Oz et David Grossman, deux des plus grands écrivains contemporains. Je comprends aussi qu’après des années à se battre pour la paix entre Palestine et Israel, la violence et l’extrémisme aient eu raison de leurs rêves. Alors lorsque l’un et l’autre de ces hommes vivant en  Israel au contact direct de cette folie quotidienne appellent à une séparation nette entre les deux Etats je n’ai pas de raison de croire qu’ils puissent se tromper. Pourtant la lecture d’Edward Said ou plus récemment de Raja Shehadeh et maintenant de ce court essai, je me dis, de France, de loin, que la solution d’un Etat binational n’est pas forcément une impossiblité si grande que cela. Qu’elle ne le sera que tant que la peur prendra le pas sur toute forme de réflexion sereine. Mais comment réfléchir sereinement lorsque la culture de la peur et de la haine est la seule que distille les élites et les politiques? Comment vaincre la terreur lorsqu’elle s’entretient dès l’enfance?

La survie des deux Etats est impossible dans l’état actuel des choses: la Palestine est un confetti mangé aux mites et sans accès à la mer, Israel entretient la colère, la rage et la violence à l’extérieur et à l’intérieur de son propre corps social, laissant les pires instincts s’exprimer librement. Alors est il envisageable, possible, réaliste de croire que ces deux populations qui n’ont appris que la haine et la colère, soient capables un jour de vivre ensemble, à égalité dans un seul état où juif ne serait plus un état mais un religion au même titre que musulman ou chrétien, où les enfants des uns et des autres joueraient dans les mêmes écoles et dans les mêmes jardins publics et où l’amour et le sexe cimenteraient au plus profond le mélange?

Cela semble si inimaginable, vu d’ici. Mais en lisant le court essai d’Hazan et Sivan, le rêve devient palpable réaliste, voir inéluctable, car la seule solution viable. Une solution qui a une histoire, un long passé et surtout un ancrage aujourd’hui plus fort qu’on ne l’imaginerait. Il y a une histoire de l’état binational et cette histoire parait aujourd’hui tellement logique qu’il est presque inimaginable que ce ne soit pas la solution qui ait prévalu.

Sur le site de l’éditeur

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