Alain Renaut (sous la direction d’) – Histoire de la philosophie politique – La liberté des anciens – Calmann-Levy

Nos temps furieusement modernes semblant souffrir d’un déficit chronique de sens politique et de sens commun, se replonger dans la belle oeuvre qu’Alain Renaut avec Pierre Henri Tavoillot et Patrick Savidan ont assemblé dans les 5 volumes de l’Histoire de la philosophie politique, parue en 1999. Dans le  premier volume, les auteurs présentent l’idéal antique puis les types de gouvernement instaurés dans les religions du livre. Comment la rationalité va par les travaux de Platon et d’Aristote d’abord entrer dans le champ de la réflexion symbolique et déplacer légèrement d’abord la place de l’individu dans le cosmos.

Penser la philosophie politique c’est d’abord penser la place du citoyen dans la cité. Puisque la liberté individuelle ne saurait être une donnée de l’antiquité, seuls un très petit nombre d’individu sont directement concernés par les réflexion d’Aristote ou de Platon. La liberté est dont d’abord et avant tout la capacité de participer aux affaires publiques.

Ce que les philosophes grecs vont initier c’est l’irruption dans la tradition antique incarnée dans l’Histoire elle même, d’un droit « naturel » qui s’oppose de fait à la norme. On définit un corpus de Lois adaptées une République idéale où chacun et chaque chose est à sa place en fonction de sa nature. Il ne s’agit pas de révolutionner la tradition, juste de définir selon une grille claire la justice des bonnes lois pour permettre le développement d’une cité où l’harmonie règne pour le mieux être de tous. Ces bonnes Lois touchent tous les domaines aussi bien moraux que techniques, car du maintien de ce subtil équilibre dépend la bonne marche de la cité. Mais les travaux de Platon et d’Aristote, pour adaptés qu’ils soient à l’idéal des deux hommes est remis en cause très vite par une autre école philosophique, dont malheureusement les traces sont rares et que l’Histoire par la grâce d’un Platon jaloux a estampillé pour longtemps manipulateurs, intéressés et peu crédibles, l »école sophistique. Le goût pour la réthorique de cette école cache désormais une critique très construite des limites des Lois ou de la républiques et sur le mode de production du citoyen, base du système défini par Aristote.

Cette première phase de l’histoire de la philosophie politique est suivie par une revue des système politique dans les trois religions du libre. Comment faire fonctionner une théorie politique dans des régimes théocratiques où l’individu n’est qu’un maillon d’une longue chaine de croyances et où la liberté ne se conçoit que dans l’obéissance absolue aux dogmes. On nous présente ici la naissance de ces trois théocratie et comment la politique n’a d’autre rôle que maintenir le pouvoir des élites religieuses ou remplacer les uns par les autres en fonction des victoires militaires.

Ce premier opus, intitulé « La liberté des anciens » en hommage aux travaux de Benjamin Constant sur cette question s’oppose bien sûr à la « liberté des modernes » qui va à partir de la chute de l’Empire romain travailler les sociétés sous domination chrétienne. Car la place de l’individu annoncé par la nouvelle religion des servants du Christ se trouve modifiée. Petit à petit le groupe va céder devant les « conqûêtes » de l’individu au coeur de la société.

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