De la paille dans l’oeil du voisin et de la poutre dans le notre…

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120919.OBS2873/parlez-vous-le-neo-facho.html

Un article qui fait suite à de nombreux autres dénonçant une forme nette depuis quelques années en France, comme dans de nombreux autres pays de néo-conservatisme. Alain Finkelkraut ou Pascal Bruckner ont largement fait les frais de papiers et prises de position frisant le ridicule par leur côté comminatoire et pleurnichard. Cette plainte de l’homme blanc, et de quelques femmes dont l’italienne Oriana Falacci ou la française Elieabeth Levy a été moquée et critiquée sans concession, parfois avec talent, souvent avec hargne, voire avec mépris. Et c’est sans  doute là que commence les limites de l’exercice. Ces auteurs ont fini par être englobé dans un groupe dont toutes les interventions sont condamnées avant même d’être lues. On a crée une sorte de front commun contre ces auteurs, au nom d’une idée qui semble très noble, mais qui ne parvient plus aujourd’hui à cacher une idée assez étrange de la liberté d’expression: il y aurait d’un côté des gentils qui auraient le droit de tout dire, de tout écrire et de l’autre des vilains-méchants rassemblés sous le vocable de « racistes » ou « néo-fachos ».  Ces termes permettant aisément de disqualifier totalement ces intellectuels et de nier ainsi toute possibilité de débat.

Car le problème est là. Dans cet aimable pays où un philosophe vaguement connu, François-Marie Arouet, pouvait dire qu’on pouvait ne pas être d’accord avec une idée ou un propos mais défendre jusqu’à la mort la liberté d’exprimer cette idée ou ce propos, il semble qu’il y ait désormais des limites, un devoir de responsabilité, une obligation de normalité et de « bon goût ». On comprend mieux pourquoi ce pauvre philosophe a fini par fuir en Suisse, les rigueurs calvinistes semblant moindre que les douceurs de France.

On a le droit de ne pas aimer certaines idées et leurs auteurs. J’ai largement exprimé mon dépit et mon courroux coucou devant les positions de tel ou telle, lues ou entendues à la radio. Mais tout en n’éprouvant peu d’affection pour ces auteurs, et en dépit de la rage que certaines idées éveillent en moi, je ne me vois pas, ne me vois plus, estampiller tel ou tel pour ne pas dire stigmatiser les uns et les autres, sous le fallacieux prétexte que mon opinion pour le moins normative vaudrait vérité essentielle.

Je n’aime pas Millet polémiste mais il a un talent d’écrivain réel et ses romans sont de toute beauté. Je n’aime pas Finkelkraut mais certaines de ces émissions sont de vrais moments de bonheur. La nuance est une qualité qui manque de plus en plus dans nos débats et l’habitude prise de mettre les gens des cases, des les réduire à une phrase ou à un texte plus ou moins polémique, nous rend dangereusement intransigeants envers les idées des autres. La posture du bon face au méchant, de la vérité face au mensonge appartient à l’hystérie religieuse, pas au libre débat. Il est urgent pour les soit-disant gentils de se souvenir que la liberté d’expression ne peut appartenir seulement à ceux dont nous estimons les idées ou dont nous craignons la violence. Il faut toujours se méfier du Torquemada qui sommeille en chacun de nous…et qui sommeille de moins en moins semble-t-il…

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