Cinéma – Tous les espoirs sont permis…

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=185999.html

C’est un film étrange, très américain dans son aspect normatif et puritain: le mariage c’est bien, il faut se battre pour le sauvegarder et le sexe c’est surtout un truc qu’on fait dans la chambre et sous les draps de préférence en portant une chemise de nuit en pilou. Mais au delà de ce premier prisme, la séduction opère par le biais du jeu impeccable de Merryl Streep, en ménagère de plus de cinquante ans coincée mais romanesque et Tommy Lee Jones, mari bourru et détourné des plaisirs du sexe par le quotidien et le manque d’enthousiasme de madame.  Elle opère ensuite à un second niveau par son refus des nouvelles normes de corps consommateurs et biens de consommation et par le rappel que communiquer ce n’est pas seulement balancer tout et n’importe quoi en fonction de l’état d’esprit du moment.

La vie d’un couple passe par plusieurs étapes: maladresses et envies des premières années, désir de briller et de sembler invincible. Viennent ensuite souvent les enfants, qui sont souvent le premier clou dans le tombeau du couple: fatigue, conformation au règles et au quotidien, le sexe devient superflu, l’amour une « évidence ». Puis les enfants quittent le nid et le couple reste dans la routine des années infantiles. Beaucoup s’en contentent et comme Arnold s’enferme dans un petit monde hors du couple, tout en restant  parfaitement normatif pour la galerie, d’autres le regrettent mais ne savent comment agir et finalement ne font rien et d’autres encore, comme Kay, décident que tout doit changer, persuadés que c’est l’autre qui a un problème.

Alors le thérapeute apparaît. un Steve Carell, froid et direct, chargé de faire s’effondrer le chateau de cartes de ce « bonheur conjugal ». Kay et Arnold se retrouvent confrontés à la verdeur du langage du thérapeute d’abord, acidité qui va révéler les blessures profondes d’un couple en rupture de communication depuis si longtemps qu’ils semblent désormais impossible de les réintégrer dans un demain.

Ce film est vraiment double, au-delà du comique de situation et du côté typiquement américain de défense de la famille légitime, il y a une question intéressante sur la difficile communication entre les êtres et le refus de normes qui non intégrées ou non souhaitées deviennent des poids. On peut s’aimer sans en passer par le bondage ou le porno soft à la mode dans les magazines féminins. L’amour n’est pas une norme évolutive, le sexe non plus. Ce sont des pratiques qu’il appartient à  chacun de vivre au mieux. Refuser les modes et les normes voilà un propos finalement furieusement révolutionnaire.

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