Verbatim – Pascal Quignard

« J’ai fait sept ou huit dépressions nerveuses. J’ai toujours l’inquiétude que ça revienne. La dépression consiste dans l’incapacité de se concentrer. Ne plus pouvoir lire, pour moi, c’est le signe? Un livre est un gouffre, aujourd’hui une compagnie, demain une terreur. J’ai changé la peur en stupéfaction et la stupéfaction en contemplation. Quand vous ne pouvez plus lire, quand vous entrez en dépression comme on netre dans un couvent, vous êtes enfermé dans un mot d’ordre malheureux. Ecrire est la seule façon de se rendre indémolissable à l’émotion. Il n’est pas possible que quelque chose puisse m’empêcher d’écrire. Il faut que j’aie toujours quelque chose à faire paraître. »

« Vide intérieur. C’est ce qui me permet une porisité insensée. Comme les vases communicants, avec l’air qui passe et attire le liquide. Je suis profondément un contemplatif, c’est-à-dire quelqu’un qui aime lâcher prise, qiu aime se laisser envahir, qui aime lire, qui aime s’enivrer, bien plus qu’une « personne grammaticale » qui voudrait avoir une « image individuelle ». Sur la rive où le hasard m’a fait naître, je ramasse de tout petits bouts d’existence (…) »

(Grand Entretien – Pascal Quignard – le Magazine Littéraire # 525 http://www.magazine-litteraire.com/mensuel/525/quignard-anachorete-25-10-2012-57472)

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