Cinéma – Rebelle

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=189178.html

Un film formidable malgré un sujet hautement inflammable avec risque majeur de tomber dans le misérabilisme et le simplisme. Kim N’Guyen réalise le film parfait sur le sujet des enfants soldats dans les conflits de Centre Afrique. Un récit entièrement vu au travers du regard d’une 20320924.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx actrice/victime de ces usages communs dans bien des conflits, l’enlèvement d’adolescents formés pour devenir enfants soldats entre les mains des rebelles. Rachel Mwanza l’interprète de la jeune Komona et Serge Kanyanda « le magicien » sont bouleversants et incarnent une histoire d’amour enfantine et cruelle, intemporelle et étrange. Le résultat n’est ni une charge en règle contre la violence des uns et des autres, ni une dénonciation des implications occidentales dans ces conflits et leur entretien dans la durée, ni une succession de plans dramatiques pour montrer la souffrance de la petite Komona, mais un film onirique sur la cruauté du monde et la capacité de résilience enfouie en chacun.

Lorsque Komona apparaît à l’écran, elle parle à son enfant à naître, enfant de la violence et de la guerre. Elle veut lui raconter son histoire pour l’accepter, pour l’intégrer à son propre parcours et tenter de l’aimer. Elle ne lui raconte pas son enfance plus ou moins heureuse dans son village du bord de la lagune, avec ses parents et les autres habitants du village, elle parle de la guerre, de son omniprésence dans la vie de chacun. Tout commence avec l’irruption d’une bande de rebelles venus chercher de nouvelles recrues pour nourrir leur guerre contre le gouvernement local. Les enfants sont de précieuses recrues, malléables et interchangeables, sans autre valeur que celle d’une chair à canon toujours renouvelée. Komona et d’autres enfants sont volés, forcés de tuer leur parents pour montrer leur soumission aux nouvelles règles.

La vie de Komona s’ancre alors dans la violence et la fureur. Les coups, les humiliations, le travail, mais également le lavage de cerveau et la mise sous influence par l’interdiaire d’une sève magique. Une simple drogue qui transforme la petite fille en sorcière du chef rebelle. Elle voit les fantômes des soldats réguliers morts. Cette capacité la hausse dans la hiérarchie de cette société folle et lui octroie une protection. Mais la protection est fragile et un des jeunes rebelles, lui même rendu un peu différent par son albinisme la pousse à fuir avec lui, pour protéger sa propre vie de l’extrême volatilité d’une protection aussi illusoire que la survie en temps de guerre.

Le récit est doux et fragile comme la vie de cette jeune fille happée par la violence du monde. Poétique, presque onirique malgré la dureté du sujet. Une réussite

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