BD – Chris Hedges & Joe Sacco – Jours de destruction, jours de révolte – Futuropolis

http://livre.fnac.com/a4770821/Joe-Sacco-Jours-de-destruction-jours-de-revolte

Ma BD de l’année et un livre important dans la compréhension de ce que sont réellement ces Etats Unis d’Amérique qu’on nous somme d’aimer et d’admirer. Quand les Etats Unis toussent le monde s’enrhume, quand NY est confronté à Sandy, il faut s’émouvoir, qu’importe qu’à quelques 9782754808767 kilomètres de là, en Haiti, des gens sont confrontés à une crise sanitaire et humaine bien plus grave. Et ne parlons pas de l’affligeante couverture d’un crime qui n’est que la preuve que la société américaine est bien en état de guerre et depuis fort longtemps. La BD et essai de Chris Hedges et Jos Sacco est une merveille non parce qu’elle dresse un portrait en creux de cette Amérique du fantasme, mais parce qu’enfin on fait parler les perdants, les exclus, les blessés d’un système capitaliste désormais sans l’ombre d’un doute aussi criminel que le régime stalinien. L’illusion de la liberté ne cache plus désormais la desctruction massive des plus faibles.

Les deux hommes décrivent la vie des sans grade, de ceux et celles que l’exploitation des plus fragiles par une oligarchie barbare et egoiste sans respect ni pour les hommes ni pour la planète. Indiens enfermés dans la barbarie des réserves, hispaniques pris dans les mailles du filet des exploitants agricoles, citoyens brisés et empoisonnés par l’appat du gain sordide des industriels. Malgré le poids et la violence supportés vaillamment, héroiquement, effroyablement par ces hommes et ces femmes, par ces enfants, violentés par un capitalisme désormais totalement dérégulé et une mondialisation du pire, les réponses sont toujours mesurées. Face à la violence des industriels, les gens en appellent  aux tribunaux, à la loi ou à la résistance passive. Et c’est cela qui m’étonne chaque jour davantage. A une telle violence exercée sans frein, pas de révolution, pas de prise d’armes, par de soulèvement de masse.

A la lecture de ce formidable livre illustré c’est la terrible impression qui demeure, les pauvres, les vaincus ont baissé la tête, ils entrent jour après jour dans cet enfer permanent sans espoir ni pour eux, ni pour leurs enfants. Parfois ils s’opposent, mais pour n’obtenir que des miettes, des restes faisandés. En 1792, Saint Just expliquait que la liberté était une idée neuve en Europe, en 2012, on peut dire que ce n’est toujours qu’une idée pour la majorité et un crime pour une minorité.

A lire, à offrir, à partager, pour se souvenir que partout dans le monde désormais l’esclavage et la desctruction de l’environnement sont une règle pour une minorité de barbares élus et maintenus au pouvoir par la somme de  nos peurs.

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