Anne-Martin Fugier – Les salons de la IIIè république – Poche

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Historienne du beau XIXè et de la bourgeoisie née de la révolution et de l’empire, Anne-Martin Fugier s’attarde dans cet essai sur le rôle spécifique des salons dans la vie artistique et politique de la seconde moitié du XIXè jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale, montrant ainsi l’influence réelle mais aussi les limites de l’influence des ces lieux de convivialité et de bouillonnement de esprits.

Ce que montre avec beaucoup d’intelligence et un grand nombre d’exemples l’historienne c’est l’importance de ces salons dans la création d’une 9782262026585 élite politique républicaine. Tous les personnages qui incarnent aujourd’hui la III république passent par les sociabilités brillantes de la capitale. Les femmes se cachent alors à peine dans l’ombre des grands hommes. Tout le monde sait que tel ou tel est une « créature » de telle ou telle hôtesse. Car les salons permettent à tous les nouveaux riches et anciennes fortunes de se cotoyer: bourgeois, financiers, vieille noblesse ou noblesse d’empire, les fortunes se mêlent aux actrices, écrivains et poètes. Les politiques trouvent alors dans ces lieux outre le soutien sans faille dont a besoin leur carrière mais également le soutien des arts toujours important pour plaire. Et pendant un temps assez long, on passe d’un salon à un autre sans préjugé de tendance politique. On choisit le lieu en fonction des plaisirs et de l’intellligence de l’hôtesse.

Dans les salons comme dans le reste de la société française, l’affaire Dreyfus va provoquer un premier séisme. D’un seul coup, entre dreyfusard et anti dreyfusard, la guerre est déclarée. On ne peut plus passer d’un salon à un autre, il faut désormais choisir son camp. C’est le premier coup porté à ces lieux de sociabilité si particulier, car la mixité permet l’enrichissement et le dialogue constructif. Même s’il ne faut pas surestimer le pouvoir des salons, il ne faut pas non plus oublier que toutes ces femmes ont permis de grandes avancées en mettant en présence des hommes qui n’avaient pas forcément de raison ou d’occasion de se rencontre.

Après l’affaire Dreyfus la première guerre mondiale porte un nouveau coup aux salons. Et même si les années folles semblent relancer le plaisir et la convivialité l’influence est en net repli, les salons deviennent un lieu de jet set internationale beaucoup moins politiques, beaucoup plus mercantiles ou affairistes. Ce qu’Anne-Martin Fugier montre avec beaucoup de talent et beaucoup de précision c’est la perte d’influence des salons et le recul de ce type de sociabilité. Un essai stimulant et très documenté sur un moment relativement peu connu de l’histoire de France, alors que le rôle des salons du XVIIIè est bien documenté.

 

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