Cinéma – Lincoln – Steven Spielberg

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=61505.html
En fait si on regarde d’un peu près l’oeuvre de Spielberg, deux choses apparaissent assez clairement: une défiance de plus en plus prégnante envers le peuple et sa capacité à n’être guider que par ses pires instincts et ses préjugés 20244611.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxet l’évidence que tout action bonne passe par un pacte avec le mal, l’alliance du vice et de la vertu. Dans ce film qui porte assez mal son nom, car on est assez loin du biopic, ces fils rouges apparaissent dans le propos d’un des personnages, le député républicain radical de Pennsylvannie, Thaddeus Stevens: voici un amendement obtenu par tricherie et par le mensonge de l’homme le plus intègre de l’union.
Car plus que la biographie d’Abraham Lincoln, ce film raconte la bataille du 13è amendement que le président tout juste réélu de l’Union en guerre, décida de faire passer coute que coute, au prix de mois supplémentaires de guerre, de morts et de souffrance. Au prix d’une bataille épique opposant républicains et démocrates, abolitionnistes radicaux et partisans d’une stricte séparation des races et du maintien de la distinction entre blancs et noirs.
Ce qui est intéressant ici, sont bien les arguties du législatif, les tractations de couloirs, les petits arrangements et l’achat des voix. On retrouve ici, loin de l’idéalisme des films de Capra, le réalisme de la série « The West Wing » qui montre les faiblesses d’une démocratie qui doit jouer avec les pires instincts des citoyens qui la composent.
Et oui, la démocratie américaine construite sur le sang des indiens massacrés, la déportation et la mise en esclavage des africains, le vol et la prévarication s’est parfois trouvé de grands leaders, plus grands que leur temps. Rarement, mais parfois, et malheureusement pour ces hommes de haute stature morale, le jeu démocratique ne peut se jouer en gants blancs, il finit toujours dans la boue et les arrangements crapoteux.
Mais crapoteux ou non, ces arrangements ont lancé un mouvement que rien ni personne ne put arrêter malgré la violence et la barbarie des blancs.
Non, l’histoire des Etats Unis n’est pas celle d’une belle et grande nation sous le regard de dieu, mais l’aventure cahotique d’hommes et de femmes parfois exemplaires et prêts à se salir les mains pour leurs rêves, souvent lâches, mais prêts à un acte de courage et le plus souvent juste veules. C’est le drame de nos démocraties, c’est sans doute aussi leur gloire, être l’incarnation de nos faiblesses. N’être qu’à la hauteur de nos médiocrités…

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