Cinéma – Dead Man Talking

20469164_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxhttp://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=209821.html
Vous voulez voir le meilleur film depuis le début de l’année, alors courrez mais courrez dans les quelques salles qui proposent ce chez d’oeuvre du cinéma. Et non ce n’est pas une blague belge ou un pré- poisson d’avril. Le cinéma belge étonne depuis quelques années maintenant avec des films à la fois drôles et décapants, politiquement incorrects et conduits par des réalisateurs brillants. Les acteurs finissent un jour ou l’autre par tomber dans notre PAF, mais c’est leur cinéma qui révèle leur véritable talent. Dans ce film, Virginie Effira est renversante dans le rôle d’une chargée de com. glaçante. Mais ce qui fait du cinéma belge, un cinéma à part entière, ce sont les sujets qui ne sont pas de piteuses copies du cinoche ricain, mais des scénarii abordant des sujets complexes et passionnants. Avec Dead Man Talking on a trois sujets en un film: le cynisme d’une société du spectable prêt à haïr et adorer sur demande – pour les mal entendants, je vous suggère de regarder le traitement de la petite Nabila, icône médiatique comme le fut un jour Loana et qui tombera dans les affres de l’oubli dès l’émission terminée. Comment la justice peut se gripper devant une situation inédite, personne n’a jamais pensé qu’un condamné à mort pourrait vouloir prendre la parole et la garder. Enfin l’inanité de politiques dignes de Groland, dont seule l’image et les calîneries envers des électeurs moutons garantissent une pérénité toujours plus fragile.

Patrick Ridremont, réalisateur et acteur de son film, nous offre une excellente direction d’acteurs, qui oscillent en permanence entre l’absurde et la profondeur, entre le rire et le désespoir, toujours dans la nuance, car le rire parfois à gorge déployée, est un rire de clown triste, car chaque acteur porte une terrible fragilité dans son jeu. Il est également l’interprète brillantissime de ce mort qui parle, de ce rien du tout qui a volé la lumière des projecteurs, ce conteur moderne dont chaque mot est la garantie du prochain souffle.

François Berléand qui a la lourde charge d’être le directeur de prison nouvellement nommé. Antiphathique et cruel, parfois à la limite du ridicule, il se trouve totalement pris au dépourvu par ce petit grain de sable qui provoque l’arrêt de toute la machine judiciaire pour ouvrir le temps du politique spectable.

Le film est également une réussite technique, avec une photo impeccable, à la fois onirique, proche de l’univers de Burton dans la partie tragique et de l’univers de Deschiens ou de Groland dans sa partie politique avec des couleurs saturées et des costumes ridicules. Les images dans le cimetière de la prison ou dans la prison elle-même, grise et terne s’éclairent d’une touche de couleurs vives dans les icônes du prêtre – Christian Marin émouvant, et dans la capote d’une jeune fille perdue dans cet univers mortifère.

Une réussite absolue et oui, je le redis, le meilleur film de ce premier trimestre 2013. A ne surtout pas rater…

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