Genichiro Takahashi – Sayonara Ganster (trad. Jean François Chaix) – Books

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Je raffole des bonbons à la cannelle.(…) Les bonbons à la menthe viennent en deuxième place dans mes préférences. Les bonbons à la cannelle ont le goût des anges, les bonbons à la menthe ont le goût des satyres. Il existe entre ces deux parfums une parenté aventureuse (…)
A la troisième place dans mes préférences viennent les bonbons à la noix de coco. Leur parfum a deux aspects totalement différents, comme l’expression de la Vénus de Botticelli. A main gauche, sur la partie ombragée du visage, l’artiste nous offre une image de spleen et de langueur spirituelle; tandis qu’à main droite, la partie éclairée du visage laisse imaginer un esprit plein de force et de confiance qui s’abîme dans la contemplation des lointains. Cette dualité quelques peu amère, et qui accorde plus de prix à la synthèse des éléments conflictuels qu’à la simple unité, se détecte das le parfum du bonbon à la noix de coco

Un monde très étrange que celui de la littérature nippone. On y trouve des chirurgiens obsésés sexuels incitant ses patients à faire des bêtises et des professeurs de poésie, amoureux d’une belle gangster immortelle ou presque. Le roman de Genichiro Takahashi, (traduction de traduction, ça je suis moins sûre) est à la fois drôle, délirant, décalé et foutraque. Rien ne semble tenir debout dans cet univers, un peu comme dans le monde renversé d’Alice. Les frigo sont d’augustes poètes, les muses de terribles malfrat(e)s et des chat amateur de vodka et de livres rares.
Il y a des moments de grande tendresse, comme dans ce don du nom où les amoureux s’offrent comme le plus précieux des cadeaux, un nom symbole de leur amour. Les moments d’une insondable tristesse lorsque le destin envoie ces cartes de condoléances qui préparent les gens à la mort d’un proche. Des moments totalement baroques comme la rencontre avec les gangster philosophe ou le dialogue absurde entre les frigos poètes de l’antiquité ou encore ces cours donnés à des quintuplés qui jouent aux chaises musicales.
Baroque c’est sans doute le mot le plus adéquat pour définir ce drôle de moment littéraire qui demande au lecteur d’abandonner toute forme de logique pour se laisser séduire par Sayonara Gangster le professeur de poésie et sa douce muse Livre-de-chansons.
Donc, vous qui entrez dans ce roman, abandonnez tout espoir de rationalité … et profitez de ce moment de délicieuse folie.

Sur le site de la revue Books

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