Edgar Hilsenrath – Orgasme à Moscou (trad. J.Stickan & S.Zilberfarb) – Ed. Attila

9782917084526FSEdgar Hilsenrath est un véritable honnête homme. Il se moque avec persistance de toute forme de langue de bois ou de politiquement correct. Son formidable Le Nazi et le Barbier, dont l’adaptation au théatre est visible à Paris ou son désopilant Fuck America font de lui un écrivain aussi déjanté que l’américain Tom Robbins et un formidable bol d’oxygène dans l’art romanesque contemporain.
Ce nouvel opus édité sous forme de roman illustré, ne dépare pas dans la bibliographie de l’auteur allemand. On y rencontre un passeur homo pervers, un mafieux prêt à tout pour que sa chère et magnifique fille puisse retrouver son amant russe, père de son futur enfant, et un groupe terroristes arabes au service de la mafia et de l’Etat israélien, et si c’est possible. On y croise également un avocat qui préfère embaucher un laideron parce qu’il est incapable de résister à sa libido et un russe passeur spécialisé dans le transfert de presque cadavre.
Orgasme à Moscou est le règne du bon goût, de la douceur et de la délicatesse… Je rigole. Le ton est gouiaileur, le sexe omniprésent et toujours légèrement en marge et la politique en filigrane pour souligner la fureur du monde et la franche hypocrisie qui y règne.
Car au-delà de l’aspect dangereusement foutraque des écrits de ce délicieux vieillard, il y a comme chez Robbins, un critique cinglante du monde dans lequel nous évoluons et une dénonciation radicale de toutes les icônes et idées reçues. Oui le sexe fait courir le monde et ce n’est ni bien, ni mal, c’est juste ainsi chez Homo Sapiens Sapiens. Et oui le sexe peut être le truc le plus triste du monde quand il n’est qu’une mécanique promptement menée pour libérer quelques bourgeois de leur insondable ennui.
Le terrorisme, c’est mal! Pas faux, mais le terrorisme n’est souvent qu’un avatar aux services des intérêts bien compris des états et des groupes mafieux.
Tous pourris? Oui, et alors, de toutes façons, homo sapiens sapiens n’est pas un ange, il va où ses intérêts le porte sans bien se préoccuper de ses contemporains. Et parfois l’improbable arrive, une femme tombe amoureuse et se bat contre vents et marées pour récupérer l’être aimé, même si celui-ci s’avèrera un crétin fini. Mais après tout, chacun est libre non…
Il faut lire et relire Edgar Hilsenrath car sa prose décile et brise la chape terrible des illusions, et dans un grand éclat de rire il ne laisse que la vie et rien qu’elle avec l’injonction de la vivre sans remord.

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