Le siècle des féminismes – essai collectif – Les éditions de l’atelier.

5912Préfacé, par Michelle Perrot, sous la direction de Elinane GUBIN, Catherine JACQUES, Florence ROCHEFORT, Brigitte STUDER et sous les plumes brillantes et éclairées de Christine Bard, Graziella Bonansea, Sylvie Chaperon, Anne Cova, Zakya Daoud, Micheline Dumont, Ute Gerhard, Steven C Hause, Azadeh Kian-Thiébau, Andrée Lévesque, Bérengère Marques-Pereira, Dalila Morsly, Karen Offen, Maria Puig, Geneviève Sellier, Sophie Stoffel, Stéphanie Tawa, Lama-Rewal et Rita Thalmann cet essai est une plongée saisissante dans une histoire dont nous avons du mal à saisir encore tous les enjeux, tant les avancées et les reculades semblent marcher de concert et surtout tant la constellation des féminismes est multiforme au point qu’on a parfois du mal à se persuader que sous ce nom unique, on dévouvre des réalités aussi radicalement différentes.
On ne nait pas femme, on le devient, de même on ne nait pas féministe, on le devient et en plus il faut l’entretenir. Et ces différences ont longtemps servi aux masculinistes, aux tenants d’une supériorité ontologique du mâle (du mal aussi d’ailleurs) que ces différences étaient bien le signe de l’inexistence du phénomène. Curieusement les mouvements de revendications raciaux ou sexuels ont mieux réussi que les féminismes à s’imposer dans l’univers intellectuel. C’est pourquoi, cet essai et tous ceux qui parlent des femmes dans leur ensemble et dans leurs différences sont aussi importants pour notre génération et celles de nos filles et petites filles.
Faisant le tour de cette constellation complexe, les auteures nous parlent de l’Histoire des féminismes, de leurs rôles sociaux, des combats menées et encore à affronter, de leurs rôles politiques, de la nécessité de confronter les normes masculines, et dans le dernier chapitre, de regarder les féminismes hors d’Occident.
Petit aparté, au moment où j’écris cette chronique, on parle dans le poste du droit enfin appliqué des newyorkaises et des visiteuses, de se balader seins nus dans la cité, appliquant de fait la parité entre les hommes et les femmes. Rappelons qu’en France les femmes qui se promènent seins nus sont passibles de 3 à 5 ans de prison…
Bref, tout ça pour dire que le combat n’est pas gagné.
Pour moi qui suis persuadée que derrière chaque homme il y a un violeur potentiel, oui je maintiens, je persiste et je signe, je trouve parfois étonnant qu’on puisse se réclamer du féminisme tout en défendant l’idée d’une maternité heureuse ou du respect des traditions religieuses, un peu comme si les afro-américains trouvaient des excuses à leurs tortionnaires dans les plantations. Mais la lecture attentive de cet essai m’a permis de comprendre l’extrême complexité d’un combat courrant sur des générations et se déroulant dans des espaces politiques et culturels spécifiques.
Une chose est certaine, les combats féministes sont des combats héroiques et le restent. Et nous devons être reconnaissantes à celles qui nous ont précédées et poursuivre leur combat dans notre temps et dans nos espaces.

A lire également ici

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s