Sylvie Germain – Petites scènes capitales – Albin Michel

Comme toujours avec les romans de Sylvie Germain, les vies sont bousculées par des secrets, des non-dits, des moments ratés. La douleur des enfants infusent dans leur vie d’adulte et l’apprentissage de la vie se fait dans une douleur sourde. Mais comme toujours avec l’auteure de Magnus, les choses se disent avec un sens délicat du mot et une poésie douce-amère qui rend la lecture tranquilement mélancolique. Malgré les douleurs, malgré les drames, ces vies qui se déroulent sous nos yeux nous restent proches. 9782226249791FS

Lili Barbara, un prénom maternel contre une douleur paternelle. Une petite fille qui entre dans la vie dans la tension d’un couple en rupture. Lili Barbara perd sa mère, happée dans la fuite, et reste alors Lili entre un père lointain et une grand-mère tendre. La petite fille sait très vite que l’amour est une notion étrange, relative et douloureuse qui se donne avec circonspection et parfois se glisse venimeux dans le coeur des uns et des autres.

Lorsque son père se remarie avec Viviane, elle se voit perdue dans une fratrie au sein de laquelle elle reste toujours un peu étrangère. Un grande soeur au nom de parfum, sage comme une image, un frère gentil au nom de saint révélé et des jumelles trop aimées. Lili, une fois compris qu’elle n’est qu’une parmi d’autres et que son père ne lui offrira que sa terrible « égalité » de traitement, décide d’être la fine observatrice de cette nouvelle famille. Tout semble simple, mais assez vite de petits secrets, de trop grands silences entrent dans le quotidien de cette famille recomposée pour se ficher comme autant de flèches empoisonnées dans le coeur de chacun.

Le roman de Sylvie Germain est tragique, comme ces vies que le destin semble décider à frapper encore et encore, sans répit comme les vagues frappent le rivage arrachant un peu de sable et fragilisant l’équilibre délicat des plages. Mais son écriture légère et poétique, nuancée et délicate laisse l’impression de ces tableaux de Seurat: de près la cruauté des points révèle la lourdeur de la vie, de loin on peut croire encore et encore à la légèreté de cette vie, à sa fluidité à sa beauté.

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