Revue Books #47

Sur le site de la revue.

Toujours très bonne cette revue avec ce mois-ci un dossier très complet sur l’effet Amazon sur nos habitudes de lectures et sur le « marché » du livre. Au-delà de ce qu’on connait et de ce qui est régulièrement dénoncé de l’opacité de l’entreprise, du traitement des salariés ou du fait que cette entreprise prédatrice parvient par un montage financier aussi habile que lamentable, à ne pas payer d’impôts en France et à bénéficier dans le même temps de multiples aides à l’emploi… bref le fonctionnement normal du neo capitalisme financier, on découvre surtout un discours iconoclaste sur la pérennité de nos petits libraires, sur les disfonctionnements de l’Etat et de l’Europe, sur le manque d’intelligence et de sens stratégiques de beaucoup de libraires et sur l’avenir très restreint des liseuses. La lecture n’est pas morte, elle change et l’avenir est loin d’être complètement plombé.

2d83baaac5cdae1b992f484f6b26dc77On retrouve également un beau portrait de l’auteure américaine Joyce Carol Oates, toujours brillante représentante des Lettres américaines et qui rappelle à la fin de son entretien que la remarque concernant la « violence » de ses écrits outre qu’elle prouve une lecture erronée, n’est jamais adressée aux hommes écrivains. De la permanence du sexisme dans les détails.

On se plonge ensuite dans l’annonce de la pandémie à venir, puisque l’humanité se déploie au-delà des capacités de son environnement à la maintenir et qui mélangeant tout et n’importe quoi brise les barrières entre espèces qui nous vaudront un jour l’émergence d’un virus vengeur.

Livre dans l’air du temps où quand un propagandiste de la pensée républicaine made in US se plonge avec délice dans le complotisme côté russe. John B.Dunlop se livre à une réquisition contre le régime poutinien l’accusant d’être à l’origine des attentats de 1999 qui ouvrirent la voie à une guerre en Tchétchénie. Sans avoir aucun atome crochu avec le maître très excitable du Kremlin, ce genre littéraire qui a pour corollaire les attentats du 11 septembre commis par les juifs et les américains pour aller casser de l’irakien et redistribuer les cartes du Proche-Orient laisse plus que sceptique.

Autre livre à discuter celui de Simon Baron-Cohen qui fait le procès de l’empathie comme source de réactions épidermiques peu intelligentes et d’engouements de faible aloi. Il semble y avoir là une confusion nette entre empathie et pitié. La pitié est un sentiment condescendant servant surtout l’égo de celui qui la ressent et entraîne effectivement des réactions sans grand intérêt. L’empathie qui ne se conçoit sans ses alliées la symbiose ou la collaboration est plus large, plus intelligente et prend en compte le long terme là où la pitié est effectivement une réaction épidermique « d’émotionnite » aigüe.

Bref un numéro passionnant par les nombreuses discussions qu’il provoque. Books « agitateur d’idées » 🙂

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