Cormac McCarthy – De si jolis chevaux (trad. F.Hirsch & P.Schaeffer) – Actes Sud

9782742733767Roman des grands espaces, de la solitude et d’un cowboy en ultime avatar du chevalier sans peur et sans reproche, la fresque que livre l’écrivain américain ne cache rien de cette masculinité fragile dans des espaces encore ensauvagés et livrés à l’arbitraire. De si jolis chevaux commencent comme une aventure à la Deux ans de vacances pour devenir rapidement un roman d’aventure sombre où l’amour, l’honneur et le sang tranchent sur les espaces désertiques du sud Texas et du Nord Mexique. De chaque côté de la frontière des hommes tentent de survivre dans un climat partagé entre suspicion et entraide.

John Grady et Lacey Rawling sont deux ados en rupture de ban. Ils décident de laisser derrière eux le confort de petites maisons texanes pour se lancer sur les routes d’un exil volontaire afin de répondre à l’appel de leur passion pour les chevaux. Rapidement ils sont rejoint par un troisième larron, Jimmy Blevins, étrange gamin écorché vif, mais attaché comme un forcené à son  cheval. Les trois garçons vivent de petits boulots donnés ici ou là dans les fermes et villages croisés sur la route. Dans un Mexique terrassé par la chaleur, ils avancent au trot léger de leurs montures.

Rapidement cependant le jeune Blevins semble destiné à s’attirer de lourds ennuis et par une nuit de tonnerre, le voyage de nos jeunes texans tournent au franc cauchemar. Grady et Rawling pensent avoir semé leurs poursuivants en se réfugiant dans une hacienda où l’on rassemble les chevaux sauvages. Là, Grady peut se livrer pleinement à sa passion pour l’élevage et le dressage sous le regard de plus en plus appréciateur des rancheros et du propriétaire.

Pourtant le destin de ces deux garçons semblent désormais liés au terrible hasard et ils finissent dans les geôles infernales d’un arrière pays écrasé de chaleur et de violence.

Premier tome de la trilogie des confins dans lequel l’auteur narre l’impossibilité pour les aventuriers de s’affranchir de la violence de sociétés où l’homme est d’abord une machine de destruction massive régissant les chevaux, les femmes et les hommes avec la même brutalité. L’honneur sert de cache-sexe à ce goût de la violence. Mais il montre aussi qu’on peut parfois, pendant quelques instants, entrer en résonnance avec le monde alentour. Un cheval, un amour, un ami, autant d’instants précieux qui peuplent la longue marche vers le « monde à venir ». Un roman magnifique et tragique où le pas des chevaux résonnent dans le coeur de chaque gentilhomme de fortune.

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