David Foster Wallace – Brefs entretiens avec des hommes hideux (trad. J.& J.R. Etienne) – Au Diable Vauvert

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84626100938920MJ’ai beaucoup aimé La Fille aux cheveux étranges et l’essai Un truc soit-disant super auquel on ne me reprendra plus, aussi suis-je entrée confiante dans ces brefs entretiens. Et malheureusement effet de la vieillesse ou manque de pertinence de ces nouvelles, je suis restée sur le bas-côté de cette autoroute verbale sur laquelle l’auteur fait débouler les mots et les phrases à grande vitesse. Pourtant la première, très courte nouvelle est remarquable de drôlerie et de concision, une histoire tragi-comique des relations humaines, malheureusement le reste se prend les roues dans la glicière de sécurité et on a l’impression de faire des séries de tonneaux sans trouver jamais un peu d’équilibre pour profiter des jeux d’esprits et d’ironie de David Foster Wallace.

On retrouve bien le goût de l’absurde, les textes un peu étranges où l’auteur joue les chiffreurs ou se prend pour le témoin d’une conversation téléphonique d’un seul côté de la ligne, mais tout cela ennuie très vite. Il manque une maîtrise qui rendrait les textes supportables dans leur folie. Ainsi le Sujet dépressif ou Eglise, toi que nulle main d’homme n’a batie, qui commencent plutôt bien s’abîment dans un bavarde désagréable.

Il y a du talent et de la maîtrise, mais tout est trop lourd, trop mis en scène, comme une patisserie avec laquelle on aurait voulu démontrer tout l’art pâtissier, joli certes mais totalement indigeste.

Ce recueil publié en 1999 est le témoin de tout ce que l’auteur avait dans la tête et qui sans doute le torturait beaucoup, l’écriture semble avoir été pour lui une sorte d’exutoire, mais pour le lecteur, cela revient souvent à être témoin des petites obsessions d’un homme en détresse. Un moment assez hideux finalement.

 

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Une réflexion sur “David Foster Wallace – Brefs entretiens avec des hommes hideux (trad. J.& J.R. Etienne) – Au Diable Vauvert

  1. Ca ne m’étonne pas tant que ça car je trouve DFW très inégal. J’ai adoré la Fonction du balai, plutôt apprécié une moitié d’Un truc soi-disant super mais trouvé l’autre très ennuyeuse, et j’ai cru mourir en lisant le Roi Pâle. Je note donc que celui-ci fait a priori partie de ceux à éviter… De toute façon j’attends que sorte enfin la traduction d’Infinite Jest.

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