9782213677590Le moins qu’on puisse dire avec cette aimable lignée, c’est qu’elle se vautre avec beaucoup de constance et d’enthousiasme, ou si l’on a quelques vagues souvenirs chrétiens qu’on finir toujours par périr par là où on a péché. Autre remarque préliminaire, les femmes ont su trouver, au début de la lignée en tous cas, les voies d’accès au pouvoir, par le sang toujours, mais pour donner des règnes qui ont marqué l’histoire de la sainte russie.

Hélène Carrère d’Encausse de l’Académie Française n’a jamais caché sa fascination pour l’histoire complexe et très traversée de la Russie, ni son admiration pour l’actuel maître du Kremlin. Ce qui se comprend quand on voit la gourmandise, mais aussi l’intelligence et la précision avec laquelle elle nous plonge dans les trois siècles de la vie et l’oeuvre des Romanov à la tête d’un Empire gigantesque. Au-delà des anecdotes nombreuses, l’historienne nous donne à voir un Empire en formation et en mutation constante, à la fois proche et loin de l’Europe, toujours tiraillé entre coeur russe et raison occidentale.

Des quinze souverains qui ont régné pendant trois siècles, la plupart ont laissé une trace prononcé dans l’Histoire. Pierre le Grand qui initia la sortie de son empire d’un long hiver politique, arracha le pouvoir aux mains des prêtres et imposa une nouvelle capitale résolument tournée vers l’Europe, Saint Pétersbourg. L’histoire de la création de cette ville est un défi à la nature et à l’obscurantisme culturel de la sainte russie traditionnelle. Viennent ensuite les femmes Elisabeth 1ère et les deux Catherine, dont la prestigieuse Catherine II, potentat éclairé aimé des philosophes des Lumières. Et bien sûr Alexandre II, l’empereur qui initia la longue marche vers la sortie du servage et Nicolas II, héros à la fois falot et tragique de la fin de la Russie.

Cette histoire formidablement relatée par une historienne alliant précision des sources et grande finesse de langage, nous permet de mieux appréhender le destin de cette nation impériale arrachée à un petit destin de terre désertée par la force de conviction et la brutalité souvent d’empereurs visionnaires. Indéniablement les qualités humanistes de ces maîtres russes sont loin de ce que nous pouvons juger simplement acceptables. Mais l’histoire n’a jamais été un premier prix de vertu. Les empires ne se construisent pas sur la bonne volonté et l’amour du prochain. Le servage plonge les paysans russes dans une débacle humaine qui sera sans doute l’un des ferments les plus redoutables de la révolte de 1905, puis dans la révolution de 1917. Catherine II eut beau jeu de tenter de tenir les éclats aveuglants de la Révolution française, les anarchistes à la fin du XIXè siècle avaient chevillé au corps, l’espoir d’un grand soir.

Une fresque palpitante qui se lit comme un roman, et qui permet de comprendre un peu mieux notre bien étrange voisin d’outre Oural….

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s