Humeur du jour – Quand la LICRA fait n’importe quoi

Ce matin sur mon réseau social « favori », en tous cas sur celui auquel je suis un peu accroc, j’ai découvert un article du journal La Vie signé Sébastien Lapaque, excellent écrivain. Dans cet article, l’auteur et chroniqueur revient sur une décision de justice qui ne peut que surprendre par son absurdité. Enfin surprendre, pas tellement en fait, car dans le climat actuel, une accusation de racisme vaut condamnation moral immédiate, surtout quand on accole le terme antisémite à cette première accusation de racisme.

Petit résumé abusif, l’écrivain français et polémiste, Léon Bloy, catholique fervent et anarchiste de droite. Né en 1846, mort en 1917, l’homme appartient à cette époque de furia intellectuelle où l’antisémitisme était très à la mode dans les gazettes comme dans les livres. En 1892, Bloy publie un ouvrage que je n’ai pas lu « Le Salut par les Juifs », qui est réputé pour être une réponse à « La France Juive », brûlot antisémite du non moins antisémite Edouard Drumont. Dans son ouvrage, Bloy revient sur une vieille tradition chrétienne de reconnaissance de l’héritage juif au coeur du message du Christ et dans une langue profondément marquée par son désespoir mystique, il fait une étonnante apologie d’un peuple nécessaire à la gloire du Christ.

Si on ne lit pas le livre ou si on le lit sans connaître les tenants et les aboutissants de cette vision chrétienne, on peut évidemment hurler à l’antisémitisme. Tout comme ne pas lire le Coran permet de jeter des avions dans des tours ou de se travestir d’un ridicule drap noir. La méconnaissance n’est pas grave en soi, quand elle ne se vautre pas dans la bêtise et la posture (l’imposture).

Et c’est là que la LICRA en attaquant ce livre, mais également la justice en faisant droit à cette stupide exigence montrent que la crétinerie nait toujours de l’ignorance. Non le livre de Bloy n’est pas antisémite, donc l’accusation est idiote, mais même si par hasard il l’était envisage-t-on vraiment de vouer aux gémonie et de censurer tous les ouvrages qui au cours de notre histoire ont montré des signes ostensibles de haines de juifs ou des sémites? On va vite vider les bibliothèques. Curieusement, le premier parallèle qui m’est venu en tête à la lecture de la chronique de Lapaque, c’est les récits de Las Cassas, parlant des indiens. Une mauvaise lecture ou une « pas lecture du tout », pourrait laisser penser que l’auteur est raciste et que ses questions sont la preuves de son manque de respect pour les populations soumises au diktat des espagnols et bientôt de tant d’autres. Oui, l’enfer est pavé de bonnes intentions et la bigoterie se loge dans des lieux inimaginables.

La LICRA fait feu de tous bois dans sa lutte légitime, mais en étant incapable de mesure et discrimination dans ses accusations, elle se tire une balle de pied et délégitime son combat.

Il  a un vieux conte dans lequel un jeune garçon crie aux loups pour s’amuser, mettant en émoi les habitants de son village, jusqu’au jour où lassés les habitants ne répondent plus à ses cris. Malheureusement ce jour-là, le loup est bien présent.

J’ai déjà dit ce que je pensais de ces déclarations enflammées prétendant que les racistes sont à nos portes, et qui pour moi résonnent comme un écho aux déclarations tout aussi enflammées d’un Alain Finkielkraut expliquant que la barbarie est à nos portes et que cette barbarie a souvent le visage de jeunes hommes des banlieues. Dans les deux cas, l’exagération est flagrante et contre productive. Elle permet aux racistes, les vrais pour le coup, de se cacher dans la masse des accusations fallacieuses, comme les véritables petites ordures dans certaines banlieues.

En France, on n’assassine pas des noirs et des arabes, on n’appelle pas aux meurtres des arabes, à les jeter à la mer, on ne prétend pas que les juifs détiennent le pouvoir et préparent la destruction des libertés au profit du seul profit. En France, on ne dit pas que les chinois sont des cafards et on ne machette pas son voisin sous prétexte qu’il vient d’une autre éthnie. Certes ce pauvre vieux pays a des défauts et on y entend des discours essentialistes de toutes natures, stupides et d’abord révélateur de la peur. Mais en France, on ne tue pas des arabes, des noirs, des juifs pour la seule raison de leur existence.

On peut se faire peur autant qu’on veut avec les 2000 lecteurs de Minute ou les piaillements imbéciles d’une gamine de 10 ans. On peut prétendre ques les racistes sont partout, puisqu’ils sont présents dans un parti d’extrême droite dont le score maximal a été de 17% des suffrages exprimés (quand on sait le taux d’abstention….). Mais cela ne change rien au fait que la France accueille des hommes venus de bien des horizons les autorisant à vivre une vie décente et libre, malgré son imperfection.

Il y a une violence réelle, celle-là, qui prend naissance dans les mots et s’incarne dans les faits. Cette violence touche les femmes. Oui, les femmes humiliées et bafouées en tant que genre, sont aussi victimes dans leur chair de la violence réelle, des coups, des viols et parfois de la mort. On compte les femmes mortes sous les coups de leur conjoint, on compte les filles et les femmes victimes de viols et d’abus sexuels, je ne sache pas qu’on fasse ce terrible décompte pour les arabes et pour les juifs et pour les noirs.

Pour en revenir à l’affaire Bloy, la seule chose que la LICRA réussit à faire c’est à prouver que leur combat est mal mené, et que ses dirigeants sont des enfants qui hurlent au loup et finiront pas ne pas voir le danger quand il se présentera vraiment. Je ne rappelerai pas aux gens de la LICRA sous quels régimes on censure les livres sans les avoir lus pour la seule « réputation » d’un auteur, cela n’aurait guère d’intérêt…..

En toutes de la mesure et de la nuance, c’est ainsi que nous devenons des alliés objectifs de l’intelligence et non, comme c’est le cas dans ces débats stériles et nauséabonds où l’invective et la stigmatisation servent de pensée, des alliés toujours plus nombreux de la rage qui anime aujourd’hui trop d’esprits.

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