Lucien Jerphagnon – à l’école des anciens – Perrin

1507-0En lisant les lettres écrites à un ami historien sises à la fin de l’ouvrage on ne peut que regretter de ne pas avoir été des amis du gallo-romain contemporain Lucien. De l’intelligence lumineuse, de l’humour dévastateur ou délicat, du goût pour la recherche et le doute et un amour lumineux et profond pour ses chers philosophes et penseurs antiques, autant de douces qualités dont quelques unes seulement vous rendrait l’homme précieux entre tous.

Malheureusement le temps étant cruellement déloyal, Lucien Jerphagnon s’en est allé rejoindre les grandes nuées, nous laissant ses livres pour voyager à ses côtés dans un monde disparu et lointain qu’il sut avec art nous rendre la modernité et la passion. Avec le joyeux historien et philosophe, on sait « qu’on bafouille, qu’on ne sait pas, mais que va venir le moment où on saura qu’on va avoir su » et cette pensée remise chaque jour sur la table du petit déjeuner permet d’aborder le monde avec cette lumineuse curiosité.

Lucien Jerphagnon, comme le remarque très bien Christiane Rancé dans sa préface, agit comme un véritable enquêteur. Humain et disponible, il furète dans les mondes passés et cherchent les vérités cachées pour grâce à la lumière enfin justement dirigée, les rendre à notre quotidien et nous permettre de regarder ces pensées lointaines d’un peu plus près. Prosaïque toujours, il sait que pour rendre à ces chers Plotin, Porphyre ou Saint Augustin la force et la pertinence de leurs pensées, il est nécessaire de les nettoyer des couches d’interprétation que les siècles ont parfois figé comme autant de vernis noircis par le temps.

Dans ce dernier recueil, avant de nous laisser voir un peu de son intimité dans les lettres à son ami historien, il nous raconte ses philosophes, les disciples, les écoles de pensées, les chemins parfois tortueux qui mène à une pensée complexe et pourtant lumineuse pour des générations de lecteurs. Jerphagnon est un guide délicieux dans ce voyage en intelligence des temps passés. Il regarde ce qu’on croit savoir, nous permet de découvrir qu’on ne sait souvent que des choses superficielles et maintes fois reconstruites, et enfin nous accompagne sur le chemin des pensées enfin libérées. C’est avec Plotin, Platon et Saint Augustin que le voyage revèle tous ces lieux ignorés ou oubliés où les penseurs antiques ont su laisser de petits cailloux pour nous faire chuter de nos certitudes.

Magique et enthousiasmant, comme toujours.

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