Cinéma – Jimmy’s Hall

Formidable film de Ken Loach sur un de ces héros improbable de l’histoire humaine. Jimmy Gralton est un républicain irlandais, communiste, amateur de danse et de chant, grand pourvoyeur de culture pour les humbles. Il aime l’Irlande mais il aime surtout la liberté de chacun de vivre une vie digne. La guerre civile qui durera près d’un siècle entre catholiques et protestants irlandais sous l’égide de la monarchie britannique en est à ses prémisses. Mais déjà les tragédies commencent. Gralton doit s’enfuir aux Etats Unis pour avoir osé défier le pouvoir de l’Eglise catholique et des nouveaux pouvoirs républicains. Contre l’alliance du sceptre même républicain et du goupillon, la culture et la joie ne font pas le poids. Il faut du pathos, du désir de mort et de la peur pour régner.

Mais au début des années Trente, Gralton rentre au pays, pour y vivre une vie retirée auprès de sa mère, s’occuper de la terre et ne surtout plus se mêler de politique. Mais son aura a fleuri dans le coeur de jeunes irlandais, celles et ceux qui ont les pieds qui chantent sur les chemins. Son retour réveille aussi l’espoir dans le coeur de ceux que les nouveaux riches propriétaires terriens humilient et détruisent pour le simple fait qu’ils le peuvent. Des femmes et des hommes de bonne volonté viennent lui demander de redonner à tous ceux qui refusent la mort de l’esprit, la joie et le grain de folie qui transforme la survie en vie digne d’être vécue.

Mais contre la joie, l’Eglise brandit la menace de l’enfer et les sanctions divines. le prêtre de la paroisse dénonce les participants, les menace, les expose à la violence des propriétaires et de leurs chiens. Le combat est si terriblement inégal mais Gralton et ses amis s’accrochent, tentent de croire que l’espoir et le bonheur peuvent être sauvés des marchands de mort et de terreur. On sait ce qu’il en sera.

Un film drôle et tendre, mais toujours engagé du jeune de coeur et d’esprit Ken Loach. En ces temps de lâcheté républicaine et laïque, sa dénonciation de la laideur des pouvoirs religieux quand ils prétendent régenter la vie des hommes et surtout celle des pauvres pour les soumettre est d’une réjouissante verdeur.

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