Presse du mois

J’ai testé la lecture du Magazine Causette et le moins qu’on puisse dire c’est que ce mensuel supposé être le renouveau du féminin est d’une affligeante niaiserie. Des articles plus que légers sur le fond, sans forme, sur le ton de « eh copine t’écoute comment j’te cause ». On prétend vous parler de féminisme, on vous ressert les mêmes débilités que chez les anciens, Elle ou Cosmo, en plus cheap, pour attirer plus d’annonceurs. Il paraît que ce truc se vend bien en kiosque, j’ose espérer, que comme moi, il s’agit d’un test et que rapidement on se lasse de ce féminin au petit pied. Il semblerait que décidément être une femme avec un cerveau capable de se pencher sur des questions complexes en lisant des analyses longues et réfléchies, que se foutre de savoir si à 35 ans, il est temps de se mettre à pondre ou du désir de certaines femmes de faire payer leurs charmes, de la bêtise crasse de ces pom pom girls qui se rendent compte qu’elles ne sont que des machines à fantasmes pour supporters débiles soit incompréhensible pour les marchands de papiers et les annonceurs. En même temps, si nous les femmes, sommes assez connes pour acheter et rêver devant ce tombereau de merde et nous laisser encore tenter par le régime truc, la crème machin et le sac bidule, alors nous méritons plus que largement cette presse crasseuse.

 

Heureusement, j’avais gardé Books pour la suite. Un dossier formidable et dérangeant sur les « enfants difficiles ». Sur l’éternel débat entre l’inné et l »acquis, le tout médoc ou le tout parole, sur notre génération de parents perdus qui engendre des enfants, véritables machines de guerre du consumérisme. Soyons clairs, Books nous parle des enfants occidentaux, parce que finalement on se fout un peu de savoir comment vivent les enfants des favelas ou ceux de Guinée. On a montré il y a longtemps déjà comment les sciences sociales étaient profondément occidentalo-centrées. La partie la plus séduisante pour moi a été celle sur le rôle évolutionniste du bébé pour la pérénnité de l’espèce. Des études montrent comment le bébé agit en véritable produit addictif, tout est fait chez le petit d’homme pour attirer l’attention des adultes et provoquer un instinct immédiat de protection. Il aurait été passionnant d’analyser pourquoi ce fonctionnement addictif est déficient chez certains humains. Books revient bien sûr sur la bible des études sur l’enfance, L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, dans lequel Philippe Ariès théorisait la lente émergente de la personnalité de l’enfant et son ancrage progressif dans la vie des adultes.

Les autres articles sur l’éducation, le combat psychanalyse/psychiatre ont déjà été largement traités dans Books et ailleurs et sont donc moins passionnants. En tant que mère divorcée, je sais déjà la culpabilité, l’impression tenace de n’être pas à la hauteur, l’autodénigrement et l’agressivité. Je pense que le premier service à nous rendre, c’est nous rappeler, ce qui est fait d’ailleurs, que nos enfants ne sont pas juste des fruits tombés au pied de l’arbre, mais des êtres complexes avec une personnalité faite de multiples interractions avec le monde extérieur. Nous souvenir que nous ne sommes pas toute la vie de nos enfants et qu’il serait préférable qu’ils ne soient pas toute notre vie….

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