Expos du weekend – Paris 1900 et Bill Viola

Un grand écart pour ce weekend culturel, de la légèreté du Paris de l’exposition universelle aux ombres métaphysiques des videos de Bill Viola. Entre les deux peu de pas, mais un abime pour l’esprit.

Commençons par la légèreté, un saut dans le Beau Paris, dans le tourbillon des oeuvres réunies au Petit Palais où si l’on tend l’oreille, on entend les rires des belles parisiennes et le choc des coupes de champagne. Le voyage dans le temps commence par un dépaysement étrange, lorsqu’on est invité à suivre les pas des millions de visiteurs qui découvrirent ébahis les mirages de la modernité de l’exposition universelle. Cette modernité s’accompagne d’une frénésie d’achat de cet art nouveau tout en légèreté et volutes délicates. Les jeunes filles en fleur paradent sur les lampes, dans les bijoux, dans les tableaux et les affiches. Des sylphides fascinantes qui se promènent dans une nature stylisée. C’est l’ère de Gallé, Majorelle ou Mucha. Ce sont ensuite les artistes peintres et sculpteurs qui nous accueillent et nous proposent des paysages ombrés, des femmes longilignes et encore corsetées, des enfants sages et des amants de marbre. La mode est définitivement parisienne en 1900 et on regarde avec étonnement ces robes encore trop lourdes mais dont on devine les prémices d’une libération déjà revendiquée. Les derniers moments sont ceux de la volupté et des salles de spectacle. Paris, c’est le gai Paris. Celui du Chat Noir et du Moulin Rouge mais également celui de la nostalgie éthérée d’un Debussy. Le Paris de la Belle Epoque, c’est l’éternelle promenade dans l’anéantissement des sens.

Une exposition formidable pour rappeler ce moment de grâce, ces derniers feux de joie avant les charniers des guerres du XXè siècle. Qui pouvait imaginer un instant qu’aux rires et aux bulles de champagne succèderaient bientôt le sang et les larmes et le tonnerre des canons. Petit bémol, le catalogue trop gros, trop lourd et qui semble destiné à s’échouer comme une baleine sur les rives des tables basses.

Hop, on traverse la rue et on passe dans le Grand Palais pour entrer dans le monde video de l’artiste américain Bill Viola. Et là terrible déception. Comment peut-on organiser une expo dont la matière est le travail video d’un artiste et ne pas prévoir une installation qui permette d’accueillir dans de bonnes conditions les visiteurs? Il faut passer du temps devant chaque oeuvre pour en saisir la substance et entrer dans la dimension initiatique du travail de l’artiste, mais rien n’est fait pour créer l’intimité d’un regard lent et attentif. Les salles sont plongées dans le noir et les visiteurs doivent faire attention à ne pas heurter les personnes assises ou debout qui tentent de profiter dans un calme plus que relatif des oeuvres présentées. Il fallait prévoir des stations assises correctes, un environnement propice au recueillement et non cette succession sans imagination de videos. Si on veut profiter pleinement des oeuvres videos de l’artiste, il faut donc acheter la video et s’intaller dans son salon. Un tel travail demandait un scénographe de talent, de toutes évidences ce ne fut pas le cas.

 

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