Pascal Quignard – Mourir de penser – Grasset

quignard-mourir-penserJ’aime Pascal Quignard, sa prose poétique, son talent de conteur, son intelligence lumineuse, son goût pour les mots, la finesse de son érudition. J’aime Pascal Quignard car il demande une lecture lente, mesurée, douce, presque rêveuse. J’aime Pascal Quignard car il m’arrache au quotidien boueux, à la laideur ambiante, à la glaise étouffante de la connerie médiatique. J’aime Pascal Quignard car il me donne envie de continuer, de poursuivre cette route devenue si pénible. J’aime Pascal Quignard car sa prose est une bouée de sauvetage, un ballon d’oxygène, un coin de ciel dégagé et lumineux, une clairière baignée de lumière, une source d’eau vive et chantante. Je sais que trop penser est une lente et cruelle forme de suicide, mais penser avec Pascal Quignard est un moment rare de paix.

Son cycle, Le Denier Royaume dont il nous offre aujourd’hui la neuvième entrée, est un rare exemple de tout littéraire. On y rencontre des personnages historique peu ou très connus, des moment inattendus, des études textuelles, des analyses sémantiques, des faits, des légendes, de la philosophie, de la poésie, de l’amour, du sexe. Un grand tout où le lecteur se perd, se laisse hanter par le temps qui passe et bercer par la magie des mots.

Avec « Mourir de penser », il revient sur la genèse de l’idée de penser. Sur son étrange origine, sur sa signification profonde, la solitude totale, que cet acte devenu prosaïquement anodin, induit quand il retrouve son intransigeance. Penser c’est se couper du monde, se confronter à la masse et prendre le risque de tout perdre, comme pour le roi Rachord, qui choisi la fidélité à ses morts plutôt que la tentation d’une nouvelle foi avec les vivants. La pensée c’est la sortie de l’abri caverneux, l’entrée dans la furia des sens, la pensée s’incarne dans chaque souffle, chaque respiration.

Pascal Quignard accueille son lecteur au coeur de sa prose, lui offrant une place que peu d’auteurs offrent, être parti prenante d’une pensée en action, être au coeur d’une création, être témoin des doutes, des allers-retours et des fantaisies. Il offre à la fois la force d’un verbe, mais aussi la liberté de la pensée, la divine solitude à l’ombre d’une pensée sereinement inquiète…Magnifique

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s