Cinéma – Sicario

Un mauvais film de propagande made in Hollywood. Mauvais par la faiblesse du scénario, mauvais par ses acteurs campés dans des personnages caricaturaux, mauvais par le traitement du sujet. Le réalisateur a un message à envoyer et il l’envoie à l’américaine, à gros coups de gourdins.

Sicario c’est le film de propagande de l’Amérique en guerre contre la drogue. Une guerre sale dans laquelle la CIA vient enfin prendre la main sur la chose puisque le FBI et la DEA sont des incapables. Comment le sait-on? Parce que le personnage de l’agent du FBI est incarné par une jeune femme, gentille, courageuse, mais pas bien fine et qui surtout est incapable de comprendre que la lutte doit désormais être sale et vilaine. Alors quand la gentille petite agente comprend que le beau gars laconique et peu disert est un vilain méchant trafiquant affilié aux cartels, elle n’a évidemment pas les « balls » de lui coller une balle dans la tête. Bah non, elle est gentille, elle bonne, elle est bien conne dans un monde aussi cruel et terrible!

Parce qu’il est là le message du film: la lutte contre la drogue il faut la mener avec les anciens ennemis d’hier, ceux qui garantissaient une certaine forme d’ordre dans le désordre. On ne veut plus empêcher les trafics, on veut juste qu’ils restent entre les mains de gens avec lesquels on peut parler. On ne contrôle pas les petits dealers et les patrons hystériques prêts à toutes les formes de violence pour maintenir leur domination sur de petits territoires. Il faut donc s’allier avec le diable lui-même pour se débarrasser des diablotins incontrôlables. Et cela ne peut se faire avec les agences de sécurité intérieure, trop à cheval sur les règles, il faut des badass, des grands méchants sans foi, ni loi, soumis à la seule sauvegarde de la grande Amérique quel que soit le prix à payer. On ne torture plus à Abugraib, on torture à la frontière mexicano-étatsunienne. Et c’est bien ainsi, car hors de la torture point de résultat, point de protection de la veuve et de l’orphelin et du petit gars qui aime son petit pétard matinal. Discours connu, discours entendu, discours qui se porte bien outre atlantique.

Techniquement, c’est propre, caméra efficace et lumière travaillée, mais pour le reste, c’est le grand néant de la pensée cinématographique américaine….

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