21 octobre 1945 – Les femmes entrent à l’Assemblée Nationale

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A l’heure où l’Histoire est prise en otage par des calculs de boutiquiers assez peu dignes d’un chef d’Etat responsable, nous fêtons l’entrée des femmes à l’Assemblée Nationale. Une date à marquer d’une pierre blanche comme toutes celles où les femmes ont enfin pu se hisser par la seule force de leur féroce énergie sur les marches d’une société créer pour et par des hommes. Il y a soixante dix ans ces femmes étaient des militantes, des résistantes, des éclaireuses de l’excellence au féminin, conscientes du chemin accompli, encore plus conscientes de la pente ardue à gravir. 33 femmes parmi lesquelles des bourgeoises mais également des femmes de condition modeste, brisant ainsi le moule issu des trois premières républiques où l’on vit très vite la bourgeoisie prendre le contrôle des deux chambres. Des enseignantes, des ouvrières, des syndicalistes, des femmes du monde réel prenant enfin place au cœur de la République.

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En 1947, ces femmes issues de tous les milieux et de tous les partis proposent l’égalité des salaires à compétences égales, en 2015 nous en sommes encore si loin qu’il est heureux qu’elles nous aient presque toutes quittés. Si être femme n’est pas la garantie de prendre en compte les droits des femmes, il reste notable que ce sont des femmes qui sont montées au créneau pour faire tomber les barrière sociétales qui limitaient les libertés. Celles des femmes concernant leur corps et la procréation, celles des couples de même sexe lors de l’adoption du PACS ou dans la lutte pour le mariage pour tous.

Nous constatons que les femmes sont présentes partout aujourd’hui, mais nous savons aussi, nous expérimentons chaque jour au bureau, à la maison, dans les rues que nos droits, nos libertés, nos choix restent bornés par les « grands frères », ces mâles qui nous traitent avec condescendance, mépris, paternalisme ou haine.

Alors, cet anniversaire sous le haut patronage de la belle Olympe de Gouges, mérite d’être dignement fêté. Partageons avec nos filles et nos fils, le goût de l’excellence et la volonté de briser les carcans de nos pionnières. Et soutenons partout et toujours celles et ceux qui se battent pour les libertés et l’ indépendance dans d’autres pays bien moins aimables pour les femmes que la, tout de même, douce France.

Ces femmes, qui ne se disaient pas toutes féministes, sont le symbole vivant de ce combat pour l’égalité et la reconnaissance qui est le cœur du féminisme. Alors pas d’erreur, l’ennemi n’est ni l’homme, ni la femme voilée, ni la bourgeoise en barbour qui hurle sa haine des gays, l’ennemi c’est l’inégalité dans l’éducation et dans le quotidien qui mène certaines de nos sœurs à adopter les chaînes et les hochets inventés par les pouvoirs masculins pour les maintenir loin de l’agora.

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