Cinéma – Mon Roi (Maiwenn)

Pour le coup, un film que je suis allée voir à reculons, en freinant des quatre fers et très, mais alors très sceptique. Si je trouve le travail de Maïwenn très délicat et intelligent, j’ai un vrai problème avec Vincent Cassel dont l’excessive masculinité me révulse assez sérieusement. Et bien, heureusement pour moi, je peux me tromper :). Le film est très réussi, beau et tragique, dur et fragile. La mise en scène est remarquable et les acteurs, Emmanuelle Bercot comme Vincent Cassel simplement brillants.

Les histoires d’amour finissent mal en général, comme le chantait si bien les Rita Mitsouko, et le drame de Maïwenn ne contrevient pas à la règle. La passion est un poison violent dont personne ne se remet vraiment. Avec ce couple tout est dit dès le départ: un flambeur, une fille qui se croit conquérante et qui n’est que conquise. L’amour fou, les éclats de rire, la légèreté, le champagne et les copains. La belle vie, la vie chic et choc. Un miroir aux alouettes pour êtres trop fragiles. Rapidement les mauvais côté de la flambe se révèlent. Les copains trop présents, l’argent qui file trop vite, les ex qui se posent en éternelles compagnes.

Avec l’arrivée de l’enfant, cet autre fantasme pour un ego surdimensionné, le couple explose. Lui se révèle manipulateur, cruel et mesquin, elle stupide, fragile et immature. Amour fou où l’autre n’est qu’un prétexte, une faire valoir du vide de l’âme. Le couple se déchire mais ne parvient pas à rompre.

Le scénario pourrait presque paraître mièvre, mais Maïwenn en mettant en parallèle le lent rétablissement d’une Emmanuelle Bercot, dont le genou a lâché et l’histoire de ce malamour, montre combien la passion amoureuse est une maladie dont il faut une force phénoménale et un combat de chaque jour pour se relever et même après la guérison officielle, il reste une fragilité dans le cœur comme dans le genou. Etonnante concordance des corps et cœurs blessés. Elle ne met pas son héros masculin au pilori, ni son héroïne féminine en victime tragique, elle montre que ces relations se construisent à deux. Vingt fois, elle aurait pu partir, mais elle reste parce qu’elle est fascinée par son bel et fantasque étalon. Peu importe les pleurs, la solitude et les peurs, on finit toujours par revenir vers l’objet fascinant et un peu dangereux, qui déstabilise un peu le quotidien.

Un film bouleversant et effrayant par bien des aspects, car cette maladie d’amour que tant de poètes ont chanté semble souvent une maladie bien désirable….

Sur un blog du Nouvelobs.com

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s